Charleroi-Centre Le parquet a requis 18 mois contre Giovanni qui s’est trompé de cible.

Giovanni est un sanguin, comme le démontre d’ailleurs sont casier judiciaire plutôt étoffé.

S’il a déjà été condamné pour extorsions, il ne supporte pas que l’on cambriole ses parents. Et lorsque le 28 juin 2015, il apprend que quelqu’un a osé leur voler leur TV, il entre dans une colère noire.

Ivre, il se rend sdans le centre de Fleurus et se lance à la recherche des voleurs. C’est ainsi qu’il accoste une bande de jeunes et que le ton monte illico. Giovanni se fait rosser et quitte les lieux, le visage en sang, le nez fracturé.

Alors que la police lui conseille de faire soigner ses blessures, l’homme fonce chez lui pour s’emparer de l’arme d’airsoft de ses enfants : un fusil à canon scié avec cartouchière qui ressemble furieusement à un vrai.

Lorsqu’il déboule dans le centre-ville de Fleurus, le visage en sang et l’arme au poing, ses adversaires ont disparu depuis belle lurette. "À la place, se trouve une classe de catéchistes âgés de 13 ans, fulmine la substitute Dutrifoy. Des enfants qui devaient se rendre en excursion à l’abbaye de Soleilmont et qui se retrouvent face à cette furie qui hurle ‘je suis sicilien, vous allez tous y passer ! ’ Une véritable scène de guerre ! Dans le contexte actuel d’attentats, imaginez la terreur qu’ont ressentie ces gamins qui se sont jetés derrière les voitures pour se protéger". Se rendant compte de sa méprise, Giovanni remonte dans sa voiture et démarre… avant de repasser devant les gosses traumatisés qui paniquent à nouveau.

On le retrouvera finalement errant dans un cimetière… "Pendant des semaines, ma fille n’a plus voulu sortir. Elle n’osait même plus rester seule dans sa chambre ou descendre à la cave, témoigne une maman. J’aimerais juste qu’il lui écrive une lettre d’excuses pour qu’elle puisse passer ce cap." Pour le parquet, ces faits de menaces et d’infraction aux lois sur les armes sont gravissimes, d’autant que le prévenu, lui, est loin d’être un enfant de chœur. C’est donc une peine de 18 mois de prison ferme qui a été requise.

Me Khoulalène, conseil de Giovanni, a pour sa part sollicité l’absorption avec les 4 ans de prison déjà prononcés cette année pour des faits de même nature et de la même époque. "Je regrette. Je me rends compte de ma bêtise", concède le prévenu, avec l’empathie d’un homme qui vient de renverser son verre. Jugement le 30 novembre.