Charleroi-Centre Océane risque bien de payer son amourette avec un Pablo Escobar à la sauce carolo.

Il n’est pas fréquent de voir une jeune femme de 23 ans comparaître devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour trafic de drogue. Et pas n’importe lequel : on parle ici de cannabis, d’héroïne et de cocaïne. Bref, un véritable supermarché en produits stupéfiants. En apparence, Océane n’a pourtant rien d’une dealeuse.

Mais en 2014, elle flirtait avec Mohamed, un petit caïd qui lui faisait tourner la tête. "J’étais aveuglée par l’amour et je l’ai laissé prendre le dessus sur moi. Comme il était mineur, tout me retombe dessus aujourd’hui", a-t-elle confié au juge Coppée, à l’audience de ce lundi matin.

Car Océane a écopé de 18 mois de prison ferme par défaut. Un jugement contre lequel elle a fait opposition, en jouant cartes sur table. "C’est vrai, j’ai aidé Mohamed. C’est mon logement qui lui servait de base et j’accueillais parfois les clients pour les orienter vers lui. Mais je n’étais au courant que pour le cannabis. Ca entraînait déjà des disputes, alors quand j’ai découvert l’ampleur du trafic et le fait qu’il vendait aussi de la coke et de l’héro, je suis tombée des nues. Lui, il était mineur. Je ne veux pas payer à sa place", a-t-elle déclaré.

Son avocate , Me Moureau, a plaidé une mesure de faveur, à savoir une suspension du prononcé ou un sursis afin de ne pas obérer l’avenir de la prévenue. "Je n’ai que 23 ans. J’ai toute la vie devant moi. J’ai fait une grosse bêtise parce que j’étais amoureuse, mais j’aimerais que l’on m’accorde une chance", a-t-elle supplié.

Pour le parquet, la substitute Puissant ne cache pas qu’une peine de 18 mois de prison avec sursis constituerait une juste répression des faits. Jugement le 8 février.