L’accord Carsid : “oui” sans enthousiasme

P. MK. Publié le - Mis à jour le

Charleroi-Centre

Préaccord approuvé par 75 % des travailleurs

MARCINELLE Fin mars, le couperet était tombé, annonçant la fin de l’agonie de Carsid à Marcinelle. Une fin que laissait hélas prévoir l’arrêt qualifié de temporaire survenu une quarantaine de mois plus tôt. La procédure Renault, aussitôt décidée, devait permettre de sceller le sort du millier de travailleurs concernés et, ces dernières semaines, la direction avait fait savoir qu’elle souhaitait voir s’accélérer le rythme des négociations.

La menace d’une liquidation pure et simple de l’entreprise planait, dans le même temps où, pourtant, existait une autre possibilité, celle de l’implantation à Marcinelle d’un laminoir situé en Sicile, et également propriété de Duferco. Il serait démonté et remonté sur le site de Carsid, disait-on. L’hypothèse existe toujours, et elle permettrait d’utiliser la production du site de La Louvière en amenant à Marcinelle environ deux cents emplois.

Mais les syndicats avaient avancé qu’il s’agirait là d’une issue à moyen terme, quelque chose comme deux à trois ans, alors qu’il fallait une solution immédiate pour les mille travailleurs de Carsid. Les négociations se sont donc poursuivies, jusque tard dans la nuit du 31 juillet et elles ont abouti à un préaccord dont le contenu a été présenté hier aux 500 Carsidiens rassemblés au CEME de Dampremy.

Il prévoit la prépension pour ceux qui avaient 52 ans au moment de l’annonce de la fermeture en mars dernier, soit 440 travailleurs, et des incitants financiers complémentaires qui poussent les autres au départ : 10.000 € pour moins de dix ans d’ancienneté, 15.000 € de dix à vingt ans, 33.000 € pour plus de vingt ans d’ancienneté.

75 % de ceux qui avaient fait le déplacement jusqu’au CEME ont approuvé ce préaccord mais on ne peut guère dire que ce soit dans l’enthousiasme : les primes ne satisfont pas les partants et la perspective d’une possible réimplantation d’un laminoir ne ramènerait des emplois que dans deux ou trois ans, au mieux, et en capacité réduite. L’aveu syndical est là : “Nous avions le choix entre la peste et le choléra, nous avons dû nous satisfaire de la grippe.”



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