Charleroi-Centre Le ministre René Collin (CDH) vient de commander deux audits.


Qu’en est-il de la gestion des lacs de l’Eau d’Heure et des choix stratégiques opérés pour le développement du site ? Le ministre wallon du Tourisme René Collin (CDH) vient de décider de placer la structure sous audits. Il lui avait adressé une série de questions auxquelles il a obtenu des réponses en fin de semaine dernière. Leur analyse l’a convaincu d’aller au-delà. Et il vient d’en informer son gouvernement ce jeudi.

La veille, il avait adressé à l’inspecteur général des Finances de la Région wallonne un courrier lui confiant une mission de vérification de la bonne utilisation des subsides.

"Cette étude comporte trois volets", précise une note de son cabinet : la première, s’assurer que les décisions l’ont été dans le respect de la loi sur les marchés publics. Sur ce plan, certaines conventions de concession sont suspectes, notamment celles portant sur la location d’infrastructures horeca à des conditions particulièrement avantageuses. En bordure du lac de la Plate Taille, le restaurant le Tri-Marrants ne rapporte que 500 euros par mois; on en est à 800 pour la brasserie-grill le Rotiss’Heure dans le village de vacances Landal à côté de l’Aquacentre. Secundo, le ministre veut vérifier l’efficacité de la procédure de contrôle interne, notamment pour ce qui concerne les paiements. Il entend enfin vérifier l’opportunité de certaines dépenses, notamment en matière de promotion.

Dans ce cadre, l’inspection générale des Finances sera accompagnée par le Commissariat général au tourisme (CGT). Le rapport est attendu dans un délai d’un mois, pour le 12 mars.

L’ASBL fera l’objet d’un second audit confié à Immowal, bras immobilier du CGT. Il s’agit d’évaluer l’ensemble des actifs de l’ASBL, d’expertiser la stratégie touristique globale et l’utilisation des subsides. En vue d’en augmenter la rentabilité et l’efficacité, des recommandations sont enfin attendues. Délai d’exécution : 3 mois, avec probablement des rapports intermédiaires au gouvernement.

René Collin tient à rassurer le personnel occupé sur le site ainsi que les partenaires privés. Son ambition est d’en optimaliser le fonctionnement, pas question de le détériorer.

Le président François Devillers (PS) remplacé par Lionel Bonjean (MR)

Ça bouge dans les instances de gestion de l’ASBL des Lacs de l’Eau d’Heure. Et ce n’est pas lié à la mise au jour de pratiques qui interpellent, comme la réservation d’une villa de vacances au Gold Lake Village pour le président François Devillers (PS), venu y séjourner durant les congés de Nouvel An avec sa famille. Si l’intéressé dit avoir occupé le bien pour des raisons professionnelles liées à son mandat, il a annoncé son intention de rembourser intégralement le montant de la location.

On écrivait que les choses bougent : désormais, ce n’est plus Devillers qui se trouve à la tête du conseil d’administration : lors d’une assemblée générale qui s’est tenue ce mardi, il a été relevé de ses fonctions par le MR Lionel Bonjean.

D’autres changements sont prévus. Ils résultent d’une décision du gouvernement wallon prise en novembre, afin d’adapter les instances à la nouvelle réalité politique de la Wallonie, où la majorité a changé.

On le sait : le 19 juin dernier, le président du CDH a débarqué son partenaire socialiste pour faire alliance avec le MR. Ce qui impose des rééquilibrages dans les CA et comités de gestion.

Aux Lacs, où François Devillers reste administrateur, la bourgmestre PS de Chimay, Françoise Fassiaux (PS), a été désignée par son parti pour intégrer le CA et le comité de gestion. Elle y remplace un membre du cabinet de la députée provinciale Annie Taulet. Deux autres mandataires sont appelés à être remplacés : Jean-Pol Lebrun (CDH) et Francis Biset (Ecolo). Parmi leurs successeurs, certains n’ont pas encore été installés.