Charleroi-Centre

Les prostituées craignent pour leur sécurité

Depuis plus de 30 ans, elle arpente les rues du quartier du Triangle. Jessica (nom d’emprunt) a tout connu à Charleroi, de la période “faste” de la prostitution aux périodes les plus difficiles comme aujourd’hui. Le projet Rive Gauche, la réhabilitation des rues du Moulin, de Marchienne et de la Fenderie et un arrêté de police forcent les filles à se trouver un nouveau lieu pour exercer leur activité. Plusieurs d’entre elles se retrouvent aujourd’hui à la rue du Rivages. “On n’est pas en sécurité” , précise Jessica, au moment de sa rencontre avec la Ministre Tillieux. “Dans le Triangle, s’il y a un souci avec un client, il y a toujours quelqu’un pour intervenir. À la rue du Rivages, c’est plus problématique. La zone est plus étendue et plus dangereuse.”

Même si aujourd’hui, il reste de nombreuses filles dans le quartier du triangle, l’endroit n’est plus aussi animé que par le passé. “Plusieurs commerces ont fermé leurs portes, à la suite de notre déménagement. Les projets économiques de la Ville sont intéressants. Malheureusement, ils ne prévoient pas de place pour nous. Les prostituées sont parquées comme du bétail.”

Un regret partagé par Lilly (nom d’emprunt) qui travaille depuis quinze ans à la Ville Basse : “La rue du Rivages n’est pas adaptée, c’est certain. On doit travailler à proximité des bureaux de la TEC. Il y a des jeunes et des familles qui se rendent à cet endroit pour les abonnements. On préfère rester dans notre coin et ne déranger personne. Imaginez que je croise des amis de ma famille ou des parents pendant mon travail. Cela deviendra rapidement invivable pour mon enfant.”

Les projets économiques carolos peuvent-ils faire disparaître le plus vieux métier du monde des rues de la métropole ?



© La Dernière Heure 2012