Charleroi-Centre Le projet connaît un nouveau développement.

Apprendre à maîtriser ses angoisses phobiques en s’immergeant dans la réalité virtuelle : c’est l’expérience pilote que l’hôpital Vincent Van Gogh, service psychiatrique de 305 lits du CHU de Charleroi, développe depuis cinq ans dans son unité de thérapie comportementale de jour.

Le projet connaît un nouveau développement : dans le cadre d’un partenariat entre L’intercommunale de santé publique du pays de Charleroi (ISPPC) et Brussels South Charleroi Airport (BSCA), un centre de réalité virtuelle vient d’être installé en milieu aéroportuaire dans l’ancien terminal sud, pour offrir une solution thérapeutique sans précédent aux personnes qui souffrent de la phobie de l’avion. "Cet équipement va permettre de confronter des patients à leurs peurs paniques en les immergeant dans une cabine d’appareil en vol", explique le Dr Philippe Fontaine, psychiatre et chef de l’unité de thérapie comportementale du CHU. Coût de l’investissement : une centaine de milliers d’euros, selon l’administrateur général de l’ISPPC et président de BSCA Laurent Leveque. C’est en interne que les environnements 3D et avatars ont été réalisés, à partir de la technique du gaming. L’expérience vise à préparer les participants à effectuer un aller-retour réel à bord d’un boeing. "Du moins s’ils décident d’aller au bout du programme", précise le psychologue responsable, Noël Schepers.

Selon le président de l’ISPPC Nicolas Tzanetatios, "un tel produit est unique dans le monde." Durée de la thérapie : 3 jours, en ce compris la durée du vol vers une destination en Europe. Après consultation avec un psychologue, le patient pourra s’inscrire dans le programme, et bénéficier d’une prise en charge partielle de son coût (NDLR autour de 500 euros) par la sécurité sociale. Les sessions se tiendront au rythme de quatre à six par an, selon le CEO Jean-Jacques Cloquet. Elles accueilleront un maximum de six participants. Pour quels résultats thérapeutiques ? "Des études indiquent que 20 à 30 % de la population souffre d’une phobie de l’avion", note le directeur médical de l’ISPPC Michel Daune. "La technologie de la réalité virtuelle permet de soigner efficacement de 80 à 90 % des cas."

Pour que ça fonctionne, deux éléments sont indispensables : la présence, c’est-à-dire la perception de la réalité - on vit une expérience comme si on y était, sans danger; ensuite, l’interactivité, soit un lien entre les mouvements et les images simulées. Un casque permet au sujet de s’immerger : émotionnellement, il vit la situation. Tout en sachant qu’elle n’est pas réelle. Des psychologues et des médecins encadrent les patients. Infos au 0475/51.95.08