Charleroi-Centre

Six prévenus, dont le bourgmestre de Châtelet Daniel Vanderlick et l'échevine locale de l'Enseignement Marie-France Toussaint, ont comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi. 

Ils sont poursuivis, à des degrés divers, dans un dossier de faux, calomnie et harcèlement. Ils nient formellement les faits. En 2008, le directeur de l'école de Promotion sociale avait été accusé d 'avoir détourné des subsides par le biais de fausses inscriptions d'élèves, ce qui avait débouché sur l'ouverture d'une instruction. Il avait été blanchi et avait déposé plainte, estimant son licenciement abusif et basé sur une cabale politique.

En 2011, le bourgmestre Daniel Vanderlick et l'échevine de l'Enseignement Marie-France Toussaint avaient alors été inculpés pour calomnie, harcèlement moral et harcèlement au travail à l'égard du directeur d'école. A ces préventions se sont ajoutées celles de faux et usage de faux, pour avoir tronqué deux procès-verbaux du collège communal à propos du conflit les opposant à ce directeur. Après renvoi en correctionnelle par la chambre du conseil, l'échevine de l'Enseignement doit comparaître uniquement pour calomnie, harcèlement moral et harcèlement au travail.

Enfin, trois fonctionnaires complèteront le banc des prévenus.

Mercredi, une ex-secrétaire communale, le bourgmestre et l'échevine ont expliqué que, sans l'intervention de l'avocat du directeur, qui désirait un document le blanchissant officiellement, le dossier disciplinaire aurait été classé sans suites. Mais lors de ce collège communal de 2008, un PV a été rédigé sur la procédure en suspension dudit directeur et considéré comme signé à l'unanimité, alors que certains échevins avaient voté contre.

Les prévenus ont reconnu que le terme "unanimité" avait été mal choisi car, à l'époque (le PS disposait d'une majorité absolue, NDLR), le collège ne votait pas les décisions, mais fonctionnait sur base du consensus.

Les fonctionnaires communales interrogées ont, quant à elles, expliqué n'avoir jamais signé des fiches de participation à des cours d'informatique auxquels elles n'auraient pas assisté, l'objectif étant d'obtenir des subsides indus. Selon elles, leurs signatures ont bien été utilisées, mais à leur insu. Voilà pourquoi elles ont paraphé par la suite une attestation confirmant ce faux. Elles ajoutent qu'elles avaient déjà suivi ces formations et qu'elles n'en avaient donc plus besoin.

Enfin, l'ensemble des prévenus a contesté toute forme de harcèlement et/ou de calomnie envers le directeur.

La suite du procès est fixée au 13 décembre.