Charleroi-Centre Cinq trafiquants répondent d’un vaste trafic de coke et d’héroïne sur Charleroi.

C’est en août 2015 que les forces de l’ordre ont reçu une information sur l’existence d’un trafic de drogue sur Dampremy, à hauteur de la chaussée de Bruxelles. Des observations et des écoutes téléphoniques ont aussitôt été mises en place et ont permis de cibler plusieurs suspects. Cinq individus en séjour illégal sur le territoire se livraient depuis plusieurs semaines à un vaste commerce de cocaïne et d’héroïne.

Chacun utilisait ses sous-dealers, au point que les enquêteurs ont un temps soupçonné qu’ils faisaient venir des clandestins en Belgique pour les utiliser comme revendeurs. Deux planques ont été identifiées : un appartement de Marcinelle où le locataire, Radem, organisait son petit trafic, et une habitation de Marchienne-au-Pont appartenant à Youssef. "C’est une grande maison", raconte ce dernier. "J’hébergeais sept jeunes chez moi mais je ne savais pas qu’il y avait de la drogue. De toute façon, j’avais trop peur d’eux pour les mettre dehors. Régulièrement, ils se battaient et sortaient même des couteaux". Les perquisitions ont permis de démanteler le trafic et d’intercepter cinq suspects. A Marcinelle, les policiers ont découvert 80 grammes d’héroïne, 6 grammes de coke et 1035 euros en liquide. "Radem a tenté de faire croire qu’il était mineur mais l’examen osseux a démontré le contraire", a précisé la substitute Broucke, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "Il a expliqué qu’il s’était mis à vendre de la drogue dès son arrivée en Belgique sept mois plus tôt. Qu’il se fournissait en héroïne à Anvers et en cocaïne à Charleroi. Et que grâce à cela, il gagnait plus de 250 euros par jour !"

Au terme de son réquisitoire, le Ministère public a requis des peines de 30 mois à 4 ans de prison ferme pour les cinq prévenus. Leurs avocats, par contre, ont sollicité soit la clémence, soit l’acquittement pur et simple. Jugement le 15 juillet.