Charleroi-Centre La lutte contre la radicalisation est remise en cause pour des raisons financières.

Cela devait être un moyen efficace de lutter contre la radicalisation des jeunes sur les réseaux sociaux. Pourtant, moins d’un an après l’annonce d’un projet ambitieux, soutenu par le gouvernement wallon, les autorités communales d’Aiseau-Presles et de Farciennes se retrouvent au pied du mur.

Le financement, qui devait être assuré par la Région wallonne, ne suit plus. "Suite au changement de majorité au sein du gouvernement wallon, l’avenir du projet de prévention de la radicalisation auprès du jeune public n’est plus assuré", commente Julien Fanuel, chef de cabinet du bourgmestre Hugues Bayet (PS).

Conséquence : les employés engagés il y a quelques mois afin d’œuvrer au sein de la cellule risquent de se retrouver sur la paille si rien n’est activé dans les rangs du gouvernement. "À l’instar d’Aiseau-Presles, nous avons décidé de prolonger, sur fonds propres et pour une durée d’un mois, le contrat de nos deux salariés. Selon les bruits qui courent, un appel à projets pourrait être relancé dans le courant du mois de décembre ou au début d’année prochaine. Force est de constater que les priorités du gouvernement actuel ne sont pas celles du précédent."

Pour prévenir la radicalisation auprès de la jeunesse locale, un subside de 200.000 euros avait été mis sur la table. Hélas, le constat reste sans appel. En moins d’un an, en comptant le recrutement des professionnels (sociologues, éducateurs, professionnels de la communication sur les réseaux sociaux, etc.) et leur formation, très peu d’actions concrètes se sont matérialisées sur le terrain.

"Il y a bel et bien eu des rencontres mais le véritable travail de terrain n’a pas encore démarré", explique le chef de cabinet. "Dans un premier temps, les équipes en place ont été formées et se sont familiarisées avec les différentes cellules de travail. Sans une formation adéquate, il était inconcevable de lancer la lutte contre le radicalisme."

Dans l’absolu, cette dernière n’a toujours pas démarré. Ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent : visite d’une exposition dédiée à l’islam et autres rencontres, notamment avec la maman d’un djihadiste mort en Syrie, étaient entre autres au programme. Pour l’heure, la lutte est au point mort.