Charleroi-Centre Le Quai 10, c’est le nouveau pôle culturel carolo qui se met en branle. 

Situé le long de la Sambre, en pleine ville basse, entre le futur centre commercial et la gare du Sud, il propose un concept unique : rassembler cinéma de qualité, culture vidéoludique et arts numériques.

L’inauguration, en grande pompe, se tenait ce week-end avec des dizaines de projections mêlant avant-premières et conférences du côté 7e art. La partie gaming et jeux vidéos, elle, prévoyait des rencontres avec les pères du jeu vidéo belge et des ateliers découverte des productions indépendantes. Ce sont les Dirty Monitors qui ont, les premiers, exposé dans la galerie numérique et se sont livrés à un grand show de lumières sur les murs de la petite cour intérieure.

Des centaines de personnes ont fait le déplacement pour l’ouverture du Quai 10 : le nouveau complexe est né de l’union d’un projet de la Ville et de l’ASBL Quai 10, autrefois connue sous le bien connu nom de… l’Ancre.

"Nous gardons le même esprit collaboratif et ouvert", explique la responsable de la communication, Lucile Loewer, après un tour des lieux. "Par exemple, si la partie cinéma est flambant neuve, avec de l’équipement à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui, la programmation, elle, se veut de qualité."

Chaque film projeté a d’abord été visionné par le comité, qui décide si c’est un film qui mérite d’être mis en avant. "Il y a bien sûr toujours des films d’art et d’essai, nous restons fidèles à notre public de l’Ancre, c’est notre marque de fabrique. Mais ce n’est pas pour autant que nous mettons de côté les blockbusters américains, si nous estimons qu’ils sont de qualité", ajoute la jeune femme.

Maintenant qu’ils disposent de 5 salles, ils peuvent plus facilement conclure des deals avec les grands studios internationaux. À noter que les films étrangers sont tous uniquement proposés en version originale sous-titrée : une prise de risque calculée, puisque la V.O. permettra de faire venir un large public, qui jusqu’à présent devait faire au moins une cinquantaine de kilomètres pour pouvoir en profiter.


Un sous-sol dédié au jeu vidéo

Séparé de la partie cinéma, caché sous la brasserie, il y a un grand espace ouvert entièrement dédié au jeu vidéo : le Gaming Out.

"En fait, les gens peuvent venir quand ils veulent, c’est juste en bas des escaliers et c’est gratuit", détaille Olivier Bogarts. De 15 à 18h tous les jours (des horaires qui pourraient être adaptés après la période d’essai qui commence aujourd’hui), le public, jeune ou moins jeune, peut venir à la rencontre de jeux indépendants.

Olivier est un des animateurs qui seront présents pour guider les joueurs, organiser des parties multijoueurs entre parents, grands-parents et enfants, et expliquer l’intérêt, l’origine ou les bonnes idées présentes dans certaines créations.

Pas de titres triple-A (les blockbusters du jeu vidéo, entourés de grandes campagnes marketing), rien que des créations indépendantes, et belges si possible. "Nous voulons aller encore plus loin que cela", reprend Olivier. "Les dates ne sont pas encore arrêtées et les sujets doivent encore être précisés, mais il y aura aussi régulièrement des ateliers de création de jeux. Des sortes de cours pour apprendre à maîtriser un moteur de jeu en 2D et créer son propre univers." C’est une offre qui n’existe pas, ou peu, chez nous : il existe des cours pour adultes, des formations pour jeunes adultes, mais rien pour les enfants.

"C’est tout naturellement qu’une collaboration est née entre FOr’J, les maisons de jeunes de la région de Charleroi, et notre ASBL", précise la responsable communication.

Le sous-sol du Quai 10 verra aussi arriver des masterclasses et conférences, toujours autour du jeu vidéo, notamment pour les professeurs et/ou les passionnés. "A priori, cet espace Gaming Out s’adresse vraiment à tout le monde", ajoute Lucile Loewer. "C’est un défi qu’il va falloir relever, oui, notamment en organisant des échanges entre enfants et leurs grands-parents, pour que chacun apprenne de l’autre."