Charleroi-Centre

Nous annoncions le 1er décembre 2017 la préparation d'un arrêté pour faire interdire le spectacle de l'hypnotiseur Messmer, mais la situation a changé aujourd'hui: le spectacle aura bien lieu.

A la mi-novembre, la venue de l’artiste canadien Messmer pour son spectacle d’hypnotiseur avait été au cœur d’une vaste polémique en Belgique : le bourgmestre de Mons, sur recommandation du procureur du Roi, avait décidé d’interdire la venue dudit artiste à Colfontaine, d’après une loi de 1892, qui précise que "quiconque aura donné en spectacle une personne hypnotisée par lui-même ou par autrui sera puni d’une peine d’emprisonnement." À noter que cette loi vise notamment à empêcher une pratique illégale de la médecine.

Une date de représentation du show Intemporel de Messmer est prévue au Spiroudôme le 23 janvier prochain. Début décembre, la Ville de Charleroi n’avait prévu aucune action (ni interdire, ni autoriser), mais nous apprenions qu’un arrêté de police, pris par le bourgmestre, était en cours de rédaction. Il prévoyait l’annulation du spectacle.

Sauf que depuis, la situation a évolué. "Pendant que l'administration préparait en effet l'arrêté, les équipes juridiques et un avocat externe, mandaté par la Ville, se penchaient sur la question aussi" précise la Ville.

Les faits: le procureur du Roi a envoyé un courrier au collège communal pour rappeler les dispositions légales. En effet, l’article 133 de la loi communale prévoit que "le bourgmestre est chargé de l’exécution des lois". Sachant que Messmer allait venir dans sa ville, et sachant que l’hypnose était interdite dans des représentations, le procureur n'a rien recommandé mais a posé la question au bourgmestre.

Pendant ce temps, le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), faisait remarquer, toujours en décembre, en réponse à une question du député MR Jean-Jacques Flahaux, que le bourgmestre se serait mis "en infraction par rapport à la loi" s'il n'avait pas fait interdire le spectacle. 

Le bourgmestre pas compétent pour une interdiction

La réponse juridique, à Charleroi elle, est arrivée début de l'année: le bourgmestre ne serait pas compétent pour faire interdire au préalable une représentation. Et ce, même s'il s'agit d'un spectacle qui pourrait avoir des répercussions pénales (à cause de cette vieille loi de 1892). Le seul cas où un bourgmestre peut faire interdire un spectacle, c'est s'il estime qu'il présente un risque pour la sécurité publique.

"Or ici, il y a eu d'autres représentations qui se sont bien passées, il n'y avait donc aucune raison de penser que Messmer pourrait poser le moindre trouble à l'ordre public", précise la Ville.

Tout comme Flahaux devant le ministre, le cabinet du bourgmestre a noté il y a un mois qu’il était "dommage d’en arriver à interdire une représentation culturelle." Et on n'en arrivera pas là, puisque le bourgmestre a décidé, en connaissance de cause, de ne pas faire interdire au préalable la représentation.

Ce qui n'empêche pas l'artiste Messmer de toujours courir le risque de se retrouver au tribunal pour pratique illégale de la médecine, mais ça, c'est une autre histoire.