Charleroi-Centre

Rome ne s'est pas bâtie en un jour et les centres commerciaux non plus

CHARLEROI Jamais avare d'une dose d'optimisme, adepte parfois de la méthode Coué jusqu'à faire croire que ce bon médecin est la douzième roue du char carolo, Jean-Jacques Viseur répète qu'il ne veut, demain, "plus voir qu'une grue" dans Charleroi.

Il s'agirait à le croire de voir Charleroi transformée en un vaste chantier, où pousseraient commerces, immeubles de bureaux et de logements, agrémentés d'espaces verts et nantis de parkings.

Bref, quelque chose qui nous change des vitrines mortes, des trottoirs encombrés de vieux fonds de poubelles et des quartiers en chancre. De là, les projets de grands centres commerciaux, lancés selon la procédure que l'on sait, et qui a abouti au choix d'Engelstein/Robelco et d'Equilis/Mestdagh. Fort bien, mais depuis lors ? On éprouve l'agaçante impression que rien ne bouge.

Ou, pire encore, que les positions se sont bloquées. Que certains (voyez Engelstein) voudraient qu'on leur déroule le tapis rouge en leur fournissant toutes les commodités dont ils auraient besoin. Et qu'en face, la ville se dit qu'elle n'est pas là pour cela, ou pas entièrement.

Entre les deux, les commerçants, petit à petit expropriés de leurs vitrines, attendent et piaffent. Tout, nous affirme-t-on, se trame en coulisses, ce qui n'empêche pas les négociations d'avancer. À pas lents, c'est sûr. Car dans une ville où les bonnes nouvelles sont rares, on serait tenté de croire que rien ne se passe, si on ne signale rien, médiatiquement parlant.

Avec, en bout de risque, la crainte de voir s'éloigner ce qui ressemblerait enfin à une perspective d'avenir.



© La Dernière Heure 2008