Charleroi-Centre

Les opposants aux éoliennes estiment que le ministre Henry ne les écoute pas

THUIN Vent de raison est une association regroupant les opposants à plus de 70 projets éoliens à travers la Wallonie. Dans la région, elle suit avec attention l’évolution de plusieurs projets. Des éoliennes pourraient en effet pousser à Grandrieu, sur l’entité de Sivry-Rance. Un projet est également en cours à Merbes-le-Château.

L’entité de Thuin n’est pas épargnée puisque deux sociétés lorgnent sur ses plaines pour y implanter un parc. Alternative Green a rentré un dossier concernant huit éoliennes sur les territoires de Thuin et de Walcourt. La SPE Power Company, de son côté, aimerait construire 13 éoliennes avec la possibilité d’une extension à deux mats par la suite sur les communes de Thuin et de Ham-sur-Heure-Nalinnes.

Fin juin, le fonctionnaire délégué de Namur a rendu un avis négatif sur le projet d’Alternative Green. La société vient donc d’introduire un recours auprès du ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Philippe Henry. Il devra donc prendre une décision dans quelques mois.

Vent de raison s’inquiète de cette situation. Le ministre vient d’accorder plusieurs permis en Wallonie alors que son administration avait rendu un avis contraire. “Si un projet éolien récolte, lors de son enquête publique, une opposition ferme traduite par des milliers de lettres de réclamation individuelles, la commune concernée et les fonctionnaires délégué et technique compétents en première instance en tiennent compte, pas le ministre”, regrette l’association.

Pour le projet de la SPE Power Company, par exemple, les riverains thudiniens se sont largement exprimés contre celui-ci en déposant 2.083 lettres défavorables. Avec les derniers événements, les opposants craignent que cela ne serve à rien. Pourtant, les administrations communales de Thuin et de Ham-sur-Heure ont aussi rejeté le projet.

Les opposants dénoncent donc ce déni de démocratie qui les oblige à entreprendre de coûteuses requêtes en annulation au Conseil d’État. Ils demandent au Gouvernement wallon de remettre “un peu d’ordre dans ces comportements outranciers et antidémocratiques”. Depuis le départ, Vent de raison défend surtout les éoliennes en mer.



© La Dernière Heure 2011