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Alain Garbar est mort mercredi : il gît à la morgue et sera enterré dans la fosse commune

MONTIGNY-LE-TILLEUL Brûlé à 80 % du corps après avoir fait exploser sa maison à l’aide d’une bonbonne de gaz, samedi dernier, Alain Garbar n’avait quasi aucune chance de survivre. Mercredi à l’aube, le facteur de Montigny-le-Tilleul est décédé de ses blessures à l’IMTR de Loverval.

Il n’avait que 54 ans. Alain gît depuis lors à la morgue et, si rien ne change d’ici là, il sera enterré à la fosse commune du cimetière de Gerpinnes, commune où il est décédé. “Personne ne veut s’occuper de ses funérailles”, déplore Arnaud Lavergne, l’un de ses collègues de la Poste. “Il sera enterré comme un chien. Même s’il a fait une grosse bêtise et détruit les maisons de ses voisins de la rue de Bomerée, Alain ne méritait pas ça. En tant que facteur, il a rendu service aux gens durant 33 ans. Et puis, c’était un brave type. C’était quelqu’un d’entier, qui aimait faire la fête, parfois un peu trop. Il était très sociable. On aimerait au moins faire quelque chose pour lui offrir des funérailles décentes. Le ramener dans sa ville, à Montigny-le-Tilleul, ça serait déjà bien”.

Personne n’excuse le suicide spectaculaire d’Alain Garbar, qui a fait sauter sa maison et celles de ses voisins. Mais ses amis et collègues comprennent qu’il se soit senti bien seul, alors que le ciel lui tombait sur la tête. Une dispute conjugale et l’impression qu’on profitait de lui l’ont entraîné vers de sombres pensées.

Sans enfants, le facteur n’avait quasi plus de contacts avec ses rares proches. “Le mardi précédant l’explosion, il n’est pas venu au boulot”, poursuit Arnaud Lavergne. “Il est revenu jeudi mais avait bu un verre. On lui a dit de rentrer chez lui. Le lendemain, on a appris qu’il s’était rendu à l’hôpital Van Gogh pour soigner sa déprime. On pensait qu’il s’en sortirait. Et puis, il a commis l’irréparable. On n’aurait jamais imaginé ça”.

Pour cet homme qui a travaillé toute sa vie pour la société et dont la prime de décès ne servira à rien, les postiers de Montigny voudraient des funérailles décentes. Ils ont obtenu un sursis pour l’enterrement, en espérant une issue plus digne.



© La Dernière Heure 2012