Charleroi-Centre

Des problèmes graves de conformité et de sécurité ont été relevés dans 32 % des cas.

À Charleroi, on estime à 20.000 le nombre de biens privés donnés en location. Si une grande majorité d’entre eux se trouve en bon état, il convient de combattre les propriétaires qui logent des familles dans des conditions indécentes, parfois même au mépris de leur sécurité.

Dans ce cadre, le collège communal a pris deux mesures voici un an : d’une part, réglementer plus strictement la subdivision des maisons familiales en petits appartements. Une nouvelle circulaire est entrée en vigueur le 21 mai 2013. De l’autre, intensifier la lutte contre la fraude (domiciles fictifs) et l’exploitation de la misère.

Une task force regroupant les différents acteurs du logement a été mise en place le mois suivant. Elle pilote la cellule de contrôle chargée de passer au crible les logements privés de l’entité, avec une priorité dans les quartiers Vauban. Objectif : "vérifier la conformité des permis et le respect des normes", explique l’échevine de l’Urbanisme et du Logement, Ornella Cencig (Mouvement réformateur). Avec la volonté d’établir le casier judiciaire de chaque immeuble en situation d’infraction.

L’opération a suscité l’intérêt d’autres villes, à commencer par Liège. Bilan ? "En un an, 524 logements ont été contrôlés", dit l’échevine. "Les rues Chavanne, Turenne et du Beffroi l’ont été complètement, nous travaillons à présent sur le boulevard Bertrand."

Au total, des problèmes graves de conformité et de sécurité ont été identifiés dans 32 % des cas : 97 de ces 166 logements ont fait l’objet de rapports défavorables des pompiers, 49 connaissent des problèmes de salubrité et 20 de surpeuplement, des infractions à l’urbanisme ont été mises à jour dans 50 cas.

Ornella Cencig est formelle : l’intention n’est pas de fermer les immeubles, mais de veiller à ce qu’ils soient en ordre. Dès lors, des contrôles de seconde ligne ont été entrepris. Si l’on constate que les propriétaires manquent de bonne volonté, les sanctions tombent immédiatement.

En septembre, une grosse opération sera menée à Gilly, où le Vauban 2 a débuté. Les ensembles de logements les plus problématiques y seront contrôlés.

Responsable de la police des quartiers, le commissaire Michel Bruyninckx confirme avoir vu des situations épouvantables : une famille d’immigrés congolais vivant à 15 confinés dans deux pièces, ou un immeuble de 36 logements collectifs de la rue Chavanne dépourvu de sanitaires individuels.