Charleroi-Centre Elle contrôlera les droits des usagers dans toutes les zones de parking payant. Dans les semaines et mois à venir, vous risquez de la croiser souvent dans la rue à Charleroi : la "scancar" entrera en service dès le début du mois de juin.

Équipée d’un système de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation, cette voiture de contrôle de la Régie communale autonome (RCA) est en effet appelée à sillonner les rues reprises dans le nouveau plan de stationnement. Mission : vérifier les droits de parking de tous les usagers, en ce compris les riverains, abonnés ou personnes à mobilité réduite inscrites dans la base de données. Et sanctionner ceux qui contreviennent aux dispositions du règlement communal.

Les deux caméras embarquées photographient toutes les plaques qui entrent dans leur champ de vision, de part et d’autre de la voirie. Ces images vont alimenter le back-office de la Régie, où elles vont faire l’objet de vérifications ultérieures.

Depuis l’extension du périmètre des zones payantes, c’est de manière manuelle que les huit agents constatateurs de la RCA procèdent aux contrôles, en scannant les plaques à l’aide de leur lecteur portable. Leur régime est de 400 à 500 vérifications par jour : un chiffre que va pulvériser la scancar, qui a la capacité d’en reconnaître jusqu’à 10.000.

En temps réel, le système est connecté à une plateforme de gestion du stationnement : les données qu’il envoie sont comparées à celles contenues dans la mémoire centrale de la RCA. Quand il n’y a pas de correspondance, une redevance est établie. "Chaque fois au terme d’une procédure de validation par un agent constatateur", précise le directeur de la Régie Emmanuel Pepinster. Les envois partent deux fois par semaine. En Wallonie, la RCA de Charleroi est le premier opérateur public à s’équiper d’une scancar. "Chez nous, elle n’intervient pas seulement comme support d’appui pour des contrôles manuels, mais comme moyen de constatation des droits non enregistrés."

Le marché a été passé à la société Q2C, surtout active en Flandre. Toutes les zones sont maintenant équipées de nouveaux horodateurs. Les drapeaux colorés signalant le régime tarifaire ont été installés partout.

Petit bug informatique à la RCA

De nombreux abonnés ont reçu une redevance de plus, alors qu’ils avaient payé. La plateforme de gestion du stationnement a connu un petit bug informatique au début du mois de mars.

"Suite à une migration des données d’un de nos logiciels provisoires, des abonnés ont disparu temporairement des listes", confie le directeur de la RCA Emmanuel Pepinster.

Ils ont été nombreux à recevoir des redevances forfaitaires. "Un accident", dit-il. L’abonnement donne accès en effet à toutes les zones payantes en dehors de la rouge, et cela sans limitation de durée. "Toutes les réclamations qui nous sont parvenues ont été traitées, les redevances ont été annulées et les situations régularisées", poursuit-il. "Les abonnés qui ne se seraient pas encore manifestés pour faire valoir leurs droits sont invités à contacter notre Régie communale autonome."

Au terme d’une campagne de tests, la scancar a subi les derniers réglages. Son système de reconnaissance automatique de plaques parvient à les lire dans des angles très serrés. Même pare-chocs contre pare-chocs, les caméras parviennent à prendre des images. Chacune sera analysée : si l’agent constatateur remarque par exemple qu’il ne s’agit pas d’un véhicule garé, mais seulement à l’arrêt sur le côté de la voirie, la redevance ne sera pas expédiée.

Un contrôle humain s’effectuera toujours a posteriori. Actuellement, l’équipe de la RCA compte huit agents de terrain. Plusieurs d’entre eux vont être affectés au travail de bureau, pour croiser les données de la scancar à celles de la base de données centrale.

Comme l’explique Emmanuel Pepinster, l’organisation des contrôles s’effectuera au gré des besoins sur le terrain.

La voiture pourra passer trois ou quatre fois par jour dans un quartier à haute rotation de parking, ou faire un ou deux tours complets de l’ensemble des zones payantes. Des agents constatateurs continueront à circuler à pied.