Charleroi-Centre Le parquet requiert 40 mois de prison contre le demandeur d’asile irakien.

Le palais de justice de Charleroi et ses abords étaient sous haute surveillance, ce mercredi, à l’occasion du procès d’un sympathisant présumé de l’État islamique. Bassman Assanad est un Irakien qui a quitté Mossoul alors que son pays était aux mains de Daech. Il a tout vendu, laissant sa femme et ses enfants sur place pour rejoindre le centre Fedasil de Jumet en août 2015.

Bien vite, Bassman Assanad a été repéré par la section terrorisme de la police fédérale, notamment grâce à son beau-frère qui l’a dénoncé en précisant avoir vu des vidéos de propagande sur sa caméra. "Un objet que le prévenu n’a pas vendu et qu’il a caché à tout le monde", pointe le parquet fédéral qui poursuit l’intéressé pour participation à une organisation terroriste. "Et pour cause, on l’y voit s’exercer au tir, au milieu du désert, devant un drapeau de Daech et en compagnie de huit enfants qu’il encourage. Le prévenu et ses comparses crient des slogans sur l’expansion de l’EI et pointent le doigt vers le ciel. Ce n’est pas une simple partie de chasse, comme il le prétend. Ces vidéos sont précédées ou suivies d’images d’attentats et d’hommes barbus en armes."

Pour Me Puccini, qui défend Bassman Assanad, deux problèmes persistent : d’une part, le tribunal carolo n’est pas compétent territorialement pour ce qui s’est passé en Irak. "Et d’autre part, il n’a strictement rien fait sur le territoire belge. C’est juste un opportuniste : il dit avoir filmé ces documents pour se fondre dans la masse et ne pas risquer de se faire couper une main par les sbires de l’EI. Maintenant qu’il est en Europe, il veut se faire appeler Elias William et dit s’être converti au catholicisme !"

Mais pour le parquet fédéral, le comportement du prévenu doit se voir dans son ensemble. Il a donc bien tenté de se servir de ces vidéos pour recruter au profit de Daech. "D’ailleurs, on l’a surpris dans les caves de Fedasil en train de projeter des sourates", a conclu le parquet qui requiert 40 mois de prison ferme. Jugement le 27 septembre.