Charleroi-Centre

La ville de Charleroi compte actuellement 56 biens classés au patrimoine monumental de Wallonie, le dernier étant la cité de l’Enfance à Marcinelle. Trois nouveaux bâtiments pourraient en compléter la liste, selon l’échevine en charge du Patrimoine Véronique Salvi (CDH). Leurs demandes de classement sont dans les mains du ministre wallon de tutelle Carlo Di Antonio. Il doit bientôt trancher.

Le premier de ces biens, c’est la maison Gaspar-Thibaut à Gosselies, œuvre de l’architecte Oscar Van de Voorde. Dans son ouvrage sur les intérieurs anciens de Wallonie, l’historienne de l’art Anne-Catherine Bioul d’Espace Environnement en a souligné l’intérêt : la façade néo-renaissance qui intègre des éléments Art Nouveau cache en effet des aménagements remarquables, et notamment entre les deux pièces de réception, une porte-éventail dont les battants en forme de diagonale s’ouvrent et se ferment grâce à un système breveté en 1899. "Tous les avis émis à propos de ce classement ont été positifs", note l’échevine.

Le deuxième dossier soumis à l’approbation du ministre, c’est celui du château Mondron dans le quartier des Hamendes à Jumet. "Nous avons mis l’accent sur l’aspect social de ce bien, au cœur de la prospérité de l’industrie verrière et des mouvements de travailleurs qui ont secoué la seconde moitié du 19e siècle."

Le fait le plus marquant en sera l’incendie des verreries Baudoux en 1886, date à laquelle la famille Lambert qui a fait construire le château ordonnera la transformation d’une de ses tours d’angle en salle forte, à l’aide d’un blindage, pour se mettre à l’abri de nouvelles émeutes.

Cette tour figure d’ailleurs parmi les éléments proposés au classement avec les vitraux, la façade, la toiture et deux des 47 pièces de l’imposante demeure qui comprend… une église.

Le troisième bien que la ville rêve de voir rejoindre la liste des monuments classés est d’une tout autre époque et d’un genre complètement différent : c’est le paquebot en bois du centre de délassement de Marcinelle, conçu dans les années 60 par l’architecte Jacques Depelsenaire à qui Charleroi doit son palais de justice et son institut du verre. Comme le rappelle Salvi, "cet architecte décédé en 2009 et internationalement reconnu n’a encore aucune œuvre classée."

Du reste, une subsidiation régionale à 60 % des travaux serait la bienvenue pour aider Charleroi à programmer une indispensable restauration du bâtiment.