Charleroi-Centre Le parquet requiert l’internement pour l’auteur, déficient mental et lui-même abusé durant sa jeunesse.

Un profond dégoût se lisait sur le visage des différents intervenants à la cause, ce lundi, à l’heure de juger Laurent V. devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Ce jeune homme de 25 ans, originaire de Gosselies, était en effet poursuivi pour des faits ignobles de viols à répétition sur un bébé âgé de 18 mois lors des premiers abus. "Je n’ai pas pu arriver au bout de la déposition du prévenu. Mais il faudra pourtant le faire pour rendre un jugement", a reconnu le président Moulard, écœuré. C’est l’expert de l’hôpital psychiatrique Van Gogh qui a alerté le parquet.

Laurent s’y était rendu sur base volontaire et avait reconnu des faits d’abus sexuels sur un petit garçon lors de son traitement. Interrogé par la police, l’intéressé a reconnu et détaillé les sévices encourus par le bambin issu de sa famille. "Ce n’est pas le quart-monde, c’est pis", a lancé Me Brocca, conseil de Laurent V. "On y a retrouvé le pot de chambre du père de mon client, décédé six mois plus tôt. Ce jeune homme s’exprime comme un enfant de 10 ans. Son "oncle" est alcoolique et a manifestement abusé de lui. Il l’a d’ailleurs déclaré : si je l’ai fait, c’est parce qu’on me l’a fait. Cette affaire est encore à l’instruction mais il faut prendre en compte que Laurent était livré à lui-même. Il ne servait qu’à récolter des allocations et l’argent de la Vierge noire".

Pour Me Brocca, comme pour le parquet d’ailleurs, le prévenu ne relève pas de la compétence du tribunal correctionnel mais bien de la Défense sociale. "Le rapport de l’expert relève le retard mental mais estime qu’il est responsable de ses actes. Il préconise par contre une mesure de sécurité. A mon sens, il doit faire l’objet d’un internement, ce qui permettra de le soigner. A titre subsidiaire, je requiers une peine de 20 ans de prison ferme", a conclu le substitut Vervaeren.

Laurent V., lui, n’est pas venu s’expliquer devant le tribunal. Il a déclaré souffrir de maux de ventre. "Il réagit comme un enfant. En fait, il a dit avoir peur de se faire disputer par le juge", a précisé Me Brocca pour appuyer sa demande d’internement. Jugement le 17 octobre.