Charleroi-Centre La polémique du projet fédéral de pouvoir entrer chez ceux qui hébergent des personnes en séjour illégal continue à Charleroi.


La proposition de loi du gouvernement fédéral, sur les visites domiciliaires, a fait grand débat ces derniers jours, notamment avec la signature à l’unanimité d’une motion au conseil communal de Liège.

C’est au tour du Charleroi : la même motion, moins la fameuse "paix de Fexhe" qui n’existe pas hors de l’ancienne principauté, a été déposée par le conseiller Ecolo Luc Parmentier. "Si cette loi passe, les habitants pourraient être perquisitionnés, et la police utilisée pour ces perquisitions. Ça nous concerne autant que les autres villes et communes belges."

Au prochain conseil communal, le 26 février, ce texte sera proposé et signé par les élus Ecolo suivis par ceux du PS, du PTB et du CDH.

  • "Il faut qu’on se positionne contre le projet du gouvernement, avec force, et la motion a notre accord de principe", détaille Eric Goffart (CDH).
  • Même écho du côté du PS, où Gérard Monseux précise qu’ils auraient "déjà voulu le faire passer au dernier conseil, mais on a un peu joué de malchance : Ecolo n’a pas pu déposer la motion à temps."
  • Le PTB suit également la tendance : "Il faut montrer au citoyen qui héberge des gens sans papiers qu’on le soutient au niveau local aussi", explique Sofie Merckx. "Le PTB signera la motion, mais j’irais même plus loin. Pour moi, il faut au contraire soutenir ceux qui font preuve de solidarité et ceux qui n’ont fait aucun délit, mais qui n’ont aucun papier parce qu’ils fuient la guerre ou des événements horribles."

Au MR, par contre, c’est plus compliqué : à Liège, les réformateurs avaient voté la motion, mais la situation est différente à Charleroi.

C’est avec des pincettes que nous répond Cyprien Devilers : "La Belgique est une terre d’accueil, mais aussi un État de droit. Il faut retrouver de la sérénité dans le débat, et le conseil communal est l’endroit idéal pour débattre. Là, le Premier ministre a lancé des consultations, et il y aura des modifications qui seront apportées probablement d’ici le 26 février. À titre personnel, je trouve que c’est le chaînon législatif manquant, à utiliser en dernier recours, pas à toute heure du jour et de la nuit bien sûr. Je rappelle aussi que le citoyen qui héberge ne sera jamais mis en cause pour sa solidarité humanitaire, il est protégé par la loi du 15 décembre 1980, article 77. Mais avant d’avoir le texte définitif devant les yeux pour cadrer le débat, je ne prends pas position."

Et on imagine aisément qu’Olivier Chastel, actuel président du MR, carolo, qui était monté au créneau pour soutenir le Premier ministre au lendemain du vote liégeois, aurait de toute façon du mal à laisser passer un tel affront.