Vrai violeur, faux policier internet

P. MK. Publié le - Mis à jour le

Charleroi-Centre

Astuce sur le net, brutalités en direct

CHARLEROI Vu ainsi, à l’audience, Gaétan paraît tout avoir de l’adulte calme, sans histoire ni problème. On le poursuit pourtant pour des faits de viol, d’attentats à la pudeur devant le tribunal correctionnel de Charleroi, mais il commence par s’en défendre en disant que lui aussi, il a été victime, à l’époque, quand il avait douze ans et “on n’a pas fait tout ça”. C’est que ses manœu- vres ont été tortueuses. Naviguant sur le net, il s’est trouvé sur une conversation qu’une jeune fille entretenait avec son copain.

Il est intervenu en se faisant passer, via une fausse adresse internet, comme “police d’internet belge”, avec à l’appui le sigle officiel de la police fédérale. Cela dit, il a abusé de la crédulité de sa victime, en lui demandant se déshabiller face à la web camera, avant de la menacer : elle était passible d’une amende, si ses parents découvraient ce qu’elle faisait, et des photos seraient diffusées, qui seraient accablantes.

La jeune fille a marché, elle a craqué, mais ce n’était qu’une étape dans la démarche sordide imaginée par le prévenu. Une deuxième victime a subi le même sort et là, Gaétan a enjolivé le récit. Il a affirmé qu’il était sous la menace d’un groupe terroriste imaginaire, “Abdelalkader”, et la jeune fille devait céder à ses insistances. Il lui a fixé un rendez-vous, comme à son autre cible.

Dans chaque cas, la rencontre s’est soldée par un viol dans un garage et dans un bois. Les parties civiles ont évoqué le traumatisme subi, l’insupportable intrusion dans leur vie privée, le fait que, dans un cas, le prévenu était en fait un proche, qu’il avait doublement abusé la jeune femme. Au parquet, Mme Mottard a insisté sur le caractère prédateur du bonhomme, sur la nécessité de lui infliger une peine dissuasive, qui mette les victimes et la société à l’abri de ses agissements.

À la défense, Me Balleux a évoqué les remords de son client, les réminiscences du traumatisme qu’il avait lui-même subi. Il a demandé l’indulgence. On a évoqué un suivi psychologique nécessaire. Audience relais mardi pour un dépôt de pièces, avant de délibérer sur la peine.



© La Dernière Heure 2012
Publicité clickBoxBanner