Xavier Canonne est amer

Marie Adam Publié le - Mis à jour le

Charleroi-Centre

Les perspectives d’avenir du musée de la photo ne sont pas réjouissantes

MONT-SUR-MARCHIENNE C’était la fête ce week-end au Musée de la photographie de Charleroi qui fête ses 25 ans d’existence. C’est l’occasion de faire le bilan avec son directeur Xavier Canonne qui occupe cette fonction depuis 2000.

Êtes-vous satisfait de l’évolution du musée ?

“Oui. Le bilan jusqu’à maintenant est positif, surtout en ce qui concerne son développement. Nous sommes parvenus à installer toute une série de choses qui étaient déjà pensées en 1987, lors de la création du musée par Georges Vercheval. La surface a été augmentée. Les collections se sont enrichies. Nous avons réussi à diversifier les publics.”

Cependant, il y a toujours ce problème de sous-financement.

“C’est le gros point négatif en effet. Les pouvoirs publics ne suivent pas. Je ne parle pas de la ville de Charleroi qui a fait un effort pour augmenter notre subside. Je vise la Fédération Wallonie Bruxelles. Notre subside de 530.000 € ne suffit plus. Nos frais de fonctionnement et de chauffage deviennent trop élevés. En refusant d’augmenter cette aide financière, la ministre de la Culture Fadila Laanan rogne sur nos possibilités d’organiser de nouvelles actions, d’acquérir de nouvelles œuvres.

Quelles sont vos prévisions pour le musée ?

“Je n’en ai aucune actuellement. Je suis déjà en déficit et j’espère juste pouvoir respecter le programme promis. Les prévisions sont alarmistes. Il faudra opérer des retraits en 2013 ou 2014. Il n’est pas impossible de devoir diminuer la durée des expositions, de réduire le nombre de publications et les ateliers éducatifs. Cela sera contre-productif puisque, si nous proposons moins d’activités, moins de visiteurs se rendront au musée.”

On vous sent démotivé…

Je suis surtout amer pour le moment. J’ai l’impression de ne pas pouvoir faire mon travail correctement. La Fédération nous dit que c’est la crise. Je suis d’accord mais c’est encore plus la crise pour les musées et l’enseignement, deux domaines qui, selon moi, doivent être soutenus surtout en période difficile.

Quelles seraient les solutions pour s’en sortir ?

“Il faudrait faire preuve d’imagination au niveau ministériel. On devrait tous se réunir et voir s’il n’existe pas un système de tax shelter ou d’incitants autres que la gratuité dans les musées. En tout cas, on fête le 25e anniversaire du musée cette année mais y en aura-t-il un 50e ? Si oui, je ne suis pas sûr que je serai encore là pour le vivre…”



© La Dernière Heure 2012
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