Charleroi La cité est un environnement presque hostile pour Mary-Hann et sa chaise roulante.


Pas facile d’avoir 8 ans et demi dans la cité Germinal à Gilly. Surtout quand on est atteint d’une spina-bifida qui empêche de marcher. C’est pourtant le quotidien de la petite Mary-Hann.

Cette petite fille, pourtant toujours souriante, souffre d’une malformation causant la paralysie et la perte de sensibilité des membres inférieurs. Elle ne peut se déplacer essentiellement qu’en chaise roulante. Et comme si ça ne suffisait pas, la jeune fille doit vivre dans une cité inadaptée à son handicap.

Malgré toute l’aide de Fabiola, sa maman, les déplacements quotidiens de Mary-Hann ne se passent souvent pas comme prévu.

Il y a peu, mère et fille se promenaient sur les trottoirs du quartier Germinal, déjà peu praticables en temps normal. Arrivées au bout de la rue, des haies non entretenues leur barrent la route : impossible de passer, il faut descendre sur la chaussée, tant pis si c’est plus dangereux.

Dans la manœuvre, déjà compliquée en soi, une roue de la chaise tombe dans un nid-de-poule et se coince. Entraînée par le mouvement, la petite tombe alors au sol, sous les yeux de sa mère impuissante qui ne peut relever sa fille seule.

Heureusement, des riverains attentionnés ont vu la mère en difficulté et sont venus à son secours. Heureusement, pas de bobos pour Mary-Hann dans la mésaventure. Elle a pu être réinstallée dans son fauteuil.

L’anecdote n’est pas anodine : même si elle refuse de sombrer dans la fatalité, Fabiola se confie sur les difficultés qui jalonnent ses moindres parcours : "Ma petite ne tombe pas tous les jours, heureusement. Mais je dois souvent passer par la route, à cause de voitures mal garées, des trottoirs défoncés ou de la végétation. Les routes ne sont pas non plus très fréquentées, mais il arrive souvent que je me retrouve face à des véhicules arrivant en sens inverse… Et parfois à vive allure !"

Fabiola mène un combat de tous les jours dans la cité, pour Mary-Hann. En période de gel, elle va jusqu’à répandre du sel sur le trajet d’une centaine de mètres qui sépare l’école de leur maison. Elle revendique haut et fort le droit de sa fille à être traitée avec le même respect qu’une personne valide, et de disposer d’infrastructures adaptées.

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Charleroi investit pour la personne handicapée

L’histoire de la petite Mary-Hann est hélas une histoire courante. Les discriminations envers les personnes souffrant de handicaps se vivent à différents niveaux.

La jeune fille a la chance d’être suivie de près par une mère qui positive beaucoup et ne s’apitoie pas sur elle. Elle a enchaîné les démarches pour que sa fille puisse vivre le plus normalement possible.

Son domicile a complètement été réaménagé, avec l’accord de la Sambrienne elle a fait placer des ascenseurs pour monter à l’étage et pour descendre de la porte d’entrée à la rue en contrebas.

Même si la mère veille sur sa fille, Mary-Hann souffre du regard des autres. Ne souffrant que d’un handicap moteur, elle est souvent jugée incapable au moment de s’inscrire dans des activités extrascolaires. Alors que la petite fille souhaitait s’inscrire au théâtre, elle a essuyé un refus accompagné d’une excuse vaseuse. Sans une intervention du bourgmestre en personne, la jeune fille n’aurait pas pu suivre ce cours.

Pour ce qui est des transports, les choses sont aussi compliquées. La famille doit absolument tout prévoir dans les moindres détails, hors de question de partir à l’improviste.

Dépendant des transports en commun, Fabiola doit toujours se faire accompagner. Un ami et la grande sœur de Mary-Hann ne sont pas de trop juste pour se rendre au cinéma à Charleroi. Dans la gare du métro, si l’ascenseur pour les quais est en panne, ils doivent prendre la petite fille dans les bras et monter les séries d’escaliers. Au moment d’entrer dans le métro, il faut encore choisir la bonne porte, celle qui est assez grande pour laisser entrer le fauteuil roulant.

Sensible aux difficultés de mobilité des personnes handicapées, la Ville de Charleroi, qui possède depuis 2016 le label Handicity, a travaillé avec la Commission consultative de la personne handicapée pour participer activement à la rénovation de la ville.