Charleroi Le parquet a requis cinq ans contre la prévenue qui plaide l’état de démence

Nicole, 68 printemps, avait jusqu’ici un casier judiciaire vierge. Mais elle pourrait l’inaugurer en fanfare avec une condamnation pour tentative de meurtre, rébellion, port d’arme illégal et menaces. Des préventions dont elle doit aujourd’hui répondre devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Les faits remontent au 29 mars 2017. Ce jour-là, Nicole est en furie. Elle s’arme d’un couteau de boucher et d’un marteau et annonce à son mari qu’elle se rend à Binche, dans la maison de repos où vit sa maman, afin d’occire le directeur. Depuis deux ans qu’elle y rend visite à sa mère, la sexagénaire ne cesse de se chamailler avec le personnel à qui elle reproche un manque d’attention et de soins.

Mais cette fois, Nicole est incontrôlable et déterminée. Fort heureusement, son mari décide de la suivre et de prévenir la police qui intervient juste à temps. "Foutez le camp ou je vous plante aussi", lance-t-elle aux inspecteurs sur qui elle se jette. Les policiers doivent faire usage d’un spray incapacitant pour désarmer et neutraliser la forcenée qui est, enfin, privée de liberté. Pour le substitut Lafosse, Nicole était bien animée d’une intention homicide et, vu son tempérament volcanique et son incapacité à gérer ses crises de colère, le parquet a requis une peine de cinq ans de prison.

Me Sarah Szymkowicz, conseil de la prévenue, ne conteste pas la matérialité des faits, mais elle insiste sur l’état dans lequel se trouvait sa cliente ce jour-là. L’avocate brandit d’ailleurs un certificat du médecin généraliste, en charge de Nicole : celui-ci évoque un état de démence et des accès de folie qui nécessitent une mise en observation. Nicole fera d’ailleurs un séjour de plusieurs semaines à Van Gogh. Bref, selon Me Szymkowicz, elle n’était pas responsable de ses actes, et il faut donc l’acquitter.

Le parquet n’est évidemment pas de cet avis : "c’est la vision d’un généraliste, mais le psychiatre qui l’a examinée n’a rien décelé de ce genre. Elle était bien responsable de ses actes", déclare le substitut Lafosse. Ce sera donc au tribunal de décider, ce qu’il fera le 12 septembre prochain.