Charleroi

Le parquet requiert des peines de 37 mois à 5 ans de prison.


Vincenzo s’avance à la barre du tribunal. Les bras couverts de tatouages, ce grand "klach" toise les policiers qui l’escortent de 30 bons centimètres. À ses côtés, un petit beur de 22 ans, Ismaïl, épais comme un câble de frein. Gary, le troisième larron, n’est pas présent. Il est en fuite et sera donc condamné par défaut pour cette agression sauvage sur Francesco, un septuagénaire de Montignies-sur-Sambre.

Le 17 août dernier, deux lascars encagoulés ont frappé à la porte de leur victime. Dès qu’il a ouvert, Francesco a été frappé au visage, jeté dans son divan et roué de coups. L’un des malfrats, qui portait une arme d’airsoft, l’a même étourdi d’un coup de crosse. "Ils ont tenté de l’étouffer jusqu’à ce que le fils de la victime, qu’ils n’avaient pas vu, intervienne et les mette en fuite", explique Me Doumont qui réclame des dommages pour le septuagénaire, traumatisé par cette lâche agression.

Les enquêteurs n’ont rien laissé au hasard et l’ADN décelé dans des cagoules abandonnées dans le quartier a fini par "matcher". D’où la citation des trois prévenus devant le tribunal correctionnel. Du haut de son double mètre, Vincenzo balance : "je buvais des pintes au café quand on est venu me chercher. Ils savaient que j’avais déjà commis un braquage dans un tiercé deux mois plus tôt. Je devais simplement maîtriser la victime. J’avais besoin d’argent pour me payer ma cocaïne. Je venais de perdre mon boulot et ma femme."

Ismaïl livre une version similaire : "Moi, je faisais du motocross dans le coin quand ils m’ont demandé de faire le guet contre un billet. Ce devait être un simple cambriolage. D’ailleurs, quand j’ai entendu les cris, j’ai pris la fuite."

Mais pour le parquet, l’agression lâche de cette personne âgée vivant seule était bien préméditée, comme en attestent les communications téléphoniques entre deux prévenus qui affirment qu’ils ne se connaissaient pas. La substitute Cheront a donc requis 37 mois de prison pour Ismaïl le guetteur, 4 ans contre Vincenzo le géant, également poursuivi pour le braquage du Ladbrokes, et 5 ans pour Gary le fugitif, déjà nanti d’un casier.

À la défense, Mes Baudart et Bruno ont sollicité le sursis probatoire. La première estime que Vincenzo était en train de se reconstruire lorsqu’il a été arrêté. Le second pense qu’Ismaïl, qui ne connaissait pas toutes les intentions de ses complices, est un jeune qu’on peut encore sauver. Jugement dans 15 jours.