Charleroi BSCA doit trouver un nouveau modèle pour continuer à se développer.


Il y a deux semaines, l’Europe a rejeté un recours de BSCA : l’aéroport allait contre la décision de la Commission de quintupler sa redevance annuelle. En 2002, l’aéroport de Bruxelles considérait la redevance payée par Charleroi, 3 millions, comme des aides illégales. En 2014, après enquête, l’Europe confirme : c’est trop peu. Et ici, le recours a échoué. Si un dernier recours est encore possible, pas sûr que les avocats de BSCA puissent obtenir gain de cause.

"Depuis 2014, BSCA paie la redevance augmentée sur un compte séquestré, dont le montant atteint aujourd’hui 32 millions d’euros, qui vont devoir être libérés", précise le ministre des Aéroports Jean-Luc Crucke (MR) en réponse à une double question des députées carolos Graziana Trotta (PS) et Véronique Salvi (CDH).

Mauvaise nouvelle pour BSCA, qui espérait, en allant en recours, pouvoir utiliser cet argent pour continuer son développement. "Là, ça risque d’être compliqué", abonde Jean-Jacques Cloquet, l’administrateur-délégué. "Notre capacité financière pour des gros projets est quasi nulle. On peut tabler sur des développements à quelques millions, ici et là, mais, pour un nouveau masterplan, il va falloir mettre au point avec notre actionnaire principal, la Région, un nouveau modèle qui respecte les lois européennes. C’est impératif pour le développement, surtout que les clignotants sont assez verts côté business; on vient par exemple d’accueillir Air Belgium."

Déjà en 2014, suite à l’enquête européenne, un masterplan à 80 millions avait dû être remplacé par un projet plus modeste : la construction du terminal T2, à 15 millions d’euros. Aujourd’hui, pour transformer Gosselies en "hub" et augmenter exponentiellement son rayonnement sur tout le continent, on parle d’un investissement de 100 millions au moins. "J’ai prévu de rencontrer le CA de BSCA dans les meilleurs délais", explique le ministre. "Le masterplan devrait être finalisé pour la fin de cette année."

Ce sera peut-être l’occasion de faire entrer de nouveaux investisseurs privés à Charleroi ? Le ministre préfère botter en touche : "Le maître mot de la réussite de ce dossier, c’est la confidentialité." Pendant ce temps, le moral reste malgré tout bon côté carolo : "Il faut à un moment se tourner vers l’avenir, et on continue le travail en attendant la grande question : comment financer le développement ?"