Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi a entamé jeudi le procès de Nathalie Flaba, poursuivie pour avoir assassiné son mari, Didier Prospero, en mars 2016 à Froidchapelle. 


La prévenue reconnaît le meurtre mais conteste la préméditation. Elle déclare avoir vu ressurgir les problèmes financiers et l'infidélité de la victime lorsque celui-ci a abattu son chien. Le 24 mars 2016, le corps sans vie de Didier Prospero était retrouvé par ses enfants qui rentraient de l'école, dans la salle de bain de sa maison à Froidchapelle. La victime, agent de sécurité à l'IRE, avait été abattue de huit projectiles lors de ce qui semblait, au départ, un cambriolage qui avait mal tourné. Les enquêteurs ont toutefois confondu Nathalie Flaba, l'épouse du défunt, qui a reconnu jeudi le meurtre non prémédité de son mari.

Elle explique que, depuis 4 ans, le couple était confronté à des difficultés financières mais que son mari "continuait à faire des dépenses secondaires en s'offrant des restaurants coûteux, des soirées et un abonnement au Standard".

Le jour des faits, Nathalie Flaba affirme avoir été contrainte à une relation sexuelle dans les toilettes par son mari. Elle dit l'avoir acceptée pour "qu'il soit plus commode". Elle prétend être revenue après avoir conduit les enfants à l'école et avoir trouvé son chien abattu. Elle se serait alors précipitée dans la chambre où se trouvait son mari, qui avait travaillé de nuit. "Il m'a dit qu'il avait tué mon chien pour qu'il y ait une bouche en moins à nourrir. J'ai vu l'arme dans son tiroir et je l'ai saisie. Je lui ai demandé pourquoi nous avions des soucis financiers. Il m'a répondu qu'il s'en servait pour aller chercher du cul ailleurs. Il n'était pas menaçant et je ne sais pas pourquoi j'ai tiré. Il s'est relevé et j'ai continuer à tirer. Il s'est effondré seul dans la salle de bain."

Nathalie Flaba affirme alors avoir voulu camoufler les faits, car "elle ne voulait pas payer une nouvelle fois pour lui". Elle a donc ramassé les douilles et jeté l'arme aux barrages de l'Eau d'Heure et a poursuivi sa journée normalement. "J'étais dans le déni", confirme-t-elle, ajoutant que Didier Prospero était devenu de plus en plus "déviant" dans ses demandes de relations sexuelles, ce qui l'avait conduite à faire chambre à part.