Charleroi

Dans le budget du plan stratégique 2014-2016 de l’intercommunale de collecte et de destruction des immondices de Charleroi, un détail a attiré l’attention des groupes d’opposition Écolo et PTB : c’est l’augmentation des recettes de ventes de sacs poubelles alors que la poubelle à puces arrive dans une série de communes. Explication : une augmentation du prix du sac est à l’ordre du jour. Pas en 2014 mais à compter de 2015. Le sac de 60 L passerait de 0,87 € à 1 €, celui de 40 L de 0,62€ à 0,70 €. Soit 15 % de hausse.

Si le plan stratégique a été adopté à l’unanimité au sein de l’ICDI, Écolo et le PTB voient rouge : pour Sofie Merckx, cette disposition va fragiliser davantage les citoyens les plus exposés à la crise, ceux qui n’ont pas les moyens de trier leurs déchets et subissent les effets de la surproduction d’emballages.

Pour sa part, Xavier Desgain est prêt à accepter le principe d’une indexation de la valeur du sac (inchangée depuis 20 ans) : mais à la seule condition que la ville adapte à la baisse les taux de sa taxe sur l’enlèvement et le traitement des déchets. "C’est une fiscalité qui n’encourage pas à réduire la production de déchets", insiste-t-il. Les efforts de tris et de réemploi ne sont pas valorisés, ce qui va totalement à l’encontre du principe pollueur-payeur.

Pour Écolo et le PTB, il y a aussi le risque de voir le taux de couverture du coût vérité passer le plafond de 110 %, soit le maximum autorisé. "L’augmentation du prix des sacs ne placera pas l’ICDI au dessus de la moyenne tarifaire de Wallonie", précise le directeur général, Olivier Bouchat. "Actuellement, on ne trouve pas moins cher. Plus aucune adaptation de prix n’a été pratiquée depuis 20 ans. Il s’agit de compenser une lente évolution des charges de fonctionnement, notamment en termes de salaires et de coûts énergétiques", explique-t-il.

Ce point n’est pas le seul à susciter le refus des verts. Le plan prévoit aussi une modernisation complète de l’unité d’incinération de Pont-de-Loup, un procédé auquel Écolo préfère des alternatives comme la biométhanisation et le traitement de l’excédent de résidus dans d’autres sites d’incinération.

Pour pérenniser son usine, l’ICDI avance : la demande de permis unique sera déposée en 2014, dit Olivier Bouchat. Objectif : obtenir un accord pour pouvoir commencer les travaux l’année suivante et mettre en exploitation en 2018.