Charleroi L’Onem livre les chiffres de 2017 : "Et ce ne sont pas que des exclusions !"


C’est une grande première en Belgique depuis 1981: le nombre de chômeurs complets indemnisés est passé sous la barre des 500.000 personnes. Quasiment 30 % de moins qu’en 2007, et 8,4 % mieux qu’en 2016.

Focus sur le Hainaut, où le chômage baisse d’un peu plus de 5.000 personnes, quasi 8 %. "Même si le taux reste sensiblement supérieur à la moyenne régionale de 12,2 %, la province de Hainaut a enregistré la plus forte baisse de tout le pays, pour arriver en fin 2017 à 14,5 %", précise le directeur adjoint à l’Onem de Mons, Olivier Dupont. Il reste plus de 21.000 chômeurs sur l’entité de Charleroi, et tout le monde n’est pas sur un pied d’égalité : autour de 9 %, on retrouve Les Bons Villers, Ham-sur-Heure-Nalinnes et Pont-à-Celles. Et à l’autre extrémité, Farciennes avec un taux de chômage à 19,5 %, Charleroi à 18,9 % et Châtelet à 17 %. "Mais c’est la première fois depuis très longtemps qu’on est passé partout sous la barre des 20 % : il reste Quiévrain (Mons), le seul qui n’y est pas encore."

Le chômage technique (pour intempéries ou raisons économiques) baisse également de près de 15 %.

Cette évolution s’explique par trois facteurs : "La croissance a repris, modérément, mais 66.000 emplois ont été créés, selon la BNB. Il y a aussi le vieillissement de la population : il y a plus de départs à la pension que de jeunes qui arrivent au chômage." Et puis il y a les exclusions, bien entendu.

Pour autant, d’après l’Onem, on ne peut pas expliquer la baisse du chômage rien que par les exclusions : "Dans tout le Hainaut, il y a eu 2.004 expirations de droits, et seulement 1.302 nouveaux bénéficiaires du RIS (allocation du CPAS, NdlR). Or, il n’y a pas que les exclus du chômage qui touchent le RIS, il y a tous les autres précarisés, les réfugiés, etc." Il faut par contre noter que selon des analyses extérieures à l’Onem, il y a de nombreuses personnes qui ont "complètement disparu des radars" depuis les exclusions décidées en 2012.

Et Caterpillar, Carsid ? Quel est leur poids ? "Tous ceux qui se sont inscrits pour recevoir une allocation de chômage se retrouvent dans nos chiffres, on peut donc dire que malgré les coups durs, Charleroi se maintient plutôt bien", note le directeur local de Charleroi, Michel Ureel. "On fait aussi du bon travail sur la chasse à la fraude. On a constaté 1.500 personnes qui cumulaient le chômage avec d’autres revenus, et quasi 30 % des entreprises contrôlées fraudaient le chômage technique."

En 2018, la tendance à la baisse devrait se confirmer.