Charleroi

Elle étouffait notamment son nourrisson en le gavant avec son biberon.


Le petit Elias aura vécu 7 mois de calvaire avant qu’une infirmière de l’ONE ne constate son état et ne le fasse hospitaliser d’urgence. Cela faisait pourtant plusieurs semaines que cette dernière tentait de rendre visite à Dragana et King, un jeune couple de Baileux. Et lorsqu’elle y est enfin parvenue, en juin 2017, elle a trouvé un bambin amorphe, étrangement maigre et présentant un bras gonflé. Le diagnostic des médecins a confirmé ses craintes : il souffrait d’une facture de l’humérus consolidée et présentait des hématomes sous-dural et rétinien, conséquences du syndrome du bébé secoué…

L’enquête judiciaire a rapidement mené à l’inculpation des parents, tout juste majeurs. Au sein de ce foyer, l’ambiance était tendue : les factures s’accumulaient et les disputent étaient de plus en plus fréquentes. Et l’arrivée d’un bébé, avec les charges qu’il représente, n’a rien arrangé… Ce qui a abouti, en fin de course, à des faits de maltraitances et à une comparution des parents devant le tribunal correctionnel.

Véritable boule de nerfs, Dragana concède avoir « pété un plomb » de temps en temps. « J’étais tout le temps en rogne », explique la jeune femme qui répond de traitements inhumains et de coups et blessures. « Il m’arrivait d’insulter Elias, de le traiter de bâtard. C’était un peu la faute du « baby blues », mais surtout parce qu’à cause de lui, on croulait sous les dettes ».

La jeune femme nie les coups. Jamais, dit-elle, elle n’a frappé son fils. Ce que son grand mollasson de compagnon confirme : « quand elle s’énervait, j’allais me promener dans la cité. Je ne l’ai jamais vue taper Elias ».

Pour Me Lagneaux, tuteur ad hoc de l’enfant, celui-ci a bien été martyrisé. « Quand elle lui donnait le biberon et qu’il ne mangeait pas, elle pressait la tétine. Le bébé s’étouffait et vomissait. Et elle s’énervait de plus belle. Il ne s’agit pas de maladresses de jeunes parents mais bien de maltraitances délibérées », a lancé la partie civile. Même son de cloche du côté du parquet qui a requis 6 ans de prison pour la mère et 18 mois pour le père, poursuivi uniquement pour non-assistance à personne en danger.

Le tribunal a finalement décidé de condamner Dragana à 5 ans de prison, dont 4 fermes. King, lui, s’en sort avec 12 mois assortis d’un sursis.