Charleroi

La troisième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut a accordé mardi un sursis probatoire de cinq ans à U.S., prévenu dans un dossier concernant des braqueurs de grandes surfaces qui ont sévi dans la région de Charleroi en 2014 et 2015. 


L'homme avait été condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Charleroi. La cour a également acquitté C.D., qui avait écopé de deux ans de prison ferme en première instance. Sur les sept prévenus jugés en première instance, ils n'étaient plus que quatre en appel. Cette bande a braqué des grandes surfaces commerciales dans la région de Charleroi en 2014 et 2015. Elle prenait en otage le personnel et les gérants des magasins afin de vider les caisses et le coffre-fort.

Les suspects avaient été mis sur écoute en 2014 et une perquisition avait été menée chez U.S. lors de laquelle un fusil à pompe à canon scié, un gilet pare-balle, des vêtements que portaient les braqueurs, etc. avaient été découverts.

Identifié comme l'un des trois braqueurs, A.S. avait été condamné à huit ans de prison ferme par le tribunal correctionnel. Mardi, la cour d'appel a confirmé cette peine en reprenant les arguments du tribunal. Le prévenu avait laissé son ADN dans les voitures qui ont servi aux braquages, sur des vêtements retrouvés chez U.S. mais aussi sur une arme qu'il avait utilisée pour blesser à la tête le gérant d'un magasin à Gilly, en décembre 2014.

Pour la cour, rien ne prouve que A.L., condamné à quinze mois de prison en première instance, ait participé aux braquages. Si l'homme, en état de récidive, connaissait les autres prévenus, avec lesquels il avait de nombreuses conversations téléphoniques, qu'il ait été vu chez U.S. avant et après un hold-up à Leval ne prouve pas sa participation à l'attaque à main armée. Il écope toutefois de la même peine pour avoir détenu une arme qu'il a enterrée avant l'arrivée des policiers chez lui.

U.S., dont le rôle important dans la logistique a été souligné par la cour, bénéficie d'un sursis en raison de sa réinsertion dans la société et de l'ancienneté de ses antécédents judiciaires. Ce chef d'entreprise ne pourra plus fréquenter les autres prévenus condamnés dans cette affaire durant le délai d'épreuve ou toute autre personne condamnée par la justice.

Enfin, C.D, qui avait écopé de deux ans en première instance, est acquitté au bénéfice du doute. Appelé pour travailler sur une voiture qui a servi à un braquage, il n'est pas démontré à suffisance qu'il était au courant des desseins des autres prévenus.

Dans son arrêt, la cour retient que les braqueurs, placés sur écoute, considéraient les braquages "comme un amusement", et qu'ils se moquaient des victimes, dont certaines ont gardé des séquelles physiques et psychologiques importantes.