Charleroi On a posé toutes nos questions à Cyprien Devilers, échevin et tête de liste MR.

Est-ce qu’il y a un accord préélectoral avec le PS ?

"Non. Le décideur, c’est l’électeur, on ne cache rien."

Mais continuer à gouverner avec le PS, oui ?

"J’ai mes opinions sur une coalition, mais je ne dis rien tant qu’on n’a pas le résultat des élections. L’objectif, c’est le mayorat de toute façon. On n’a pas de préaccord, et pas d’exclusives non plus. Sauf si les programmes sont incompatibles…"

Une alliance avec le PTB, ou avec C + ?

"Je n’ai rien contre le CDH (sic.), c’est un peu dommage qu’ils ne revendiquent pas leur appartenance. Pour le PTB par contre, ce sont idées communistes, contre la classe moyenne qu’on veut défendre au MR carolo. Ils veulent quoi ? Enfermer les gens de la classe moyenne dans des camps ? Pour le PTB, ceux qui travaillent sont les méchants. En plus, j’ai un problème personnel avec le communisme. Ma mère a fui ce régime, elle est venue de Pologne se réfugier en Belgique. A priori donc, j’ai un problème avec eux. Mais cela dit, il ne faut jamais rompre la discussion, nous ne sommes pas ennemis, nous sommes opposants politiques."

Est-ce qu’on peut être libéral dans une ville socialement touchée ?

"Il faut être libéral. Ce qui a marché, c’est le libéralisme : la ville basse, Rive gauche… c’est un peu d’argent public, et beaucoup du privé. Et il y a 11.000 emplois dans le commerce à Charleroi. Pour ce qui est du service au public, il faut réfléchir à la meilleure solution. Pour la propreté, ça a été Tibi. Sortir ça du giron communal, c’est une décision libérale. Fondamentalement, le redéploiement de Charleroi s’est fait et se fait sur des axes libéraux. Mais tout ça n’empêche pas d’être social : sauf que pour pouvoir redistribuer les richesses, il faut qu’il y en ait, des richesses à redistribuer. Moi-même j’ai profité du système social belge : j’ai été élevé en appartement social, j’ai pu étudier grâce au système belge qui fait que le minerval des écoles n’est pas hors de prix… Il faut défendre ces aides, c’est un ascenseur social. Mais c’est au mérite : il faut travailler plus pour gagner plus. Et nous, on doit récompenser ceux qui bougent et qui font bouger la société."

Le grand regret de la mandature

Cyprien Devilers, interrogé sur ce qu’il a personnellement raté durant la mandature, revient sur la propreté. Confiée récemment à l’intercommunale Tibi pour le centre-ville, la mission est vouée à s’agrandir à tout Charleroi. 

"Je regrette de n’avoir pas tapé du poing sur la table quand le plan propreté était prêt, dès 2015. Parce qu’on serait déjà partout dans la périphérie, et on verrait déjà maintenant le gain en propreté partout, et l’aspect financier. Il ne faut pas être trop timoré dans la vie. On sait que les choses prennent du temps, mais ça aurait pu aller plus vite, je n’ai pas tranché assez rapidement… Je n’ai pas forcé les résistances qu’il y avait."