Charleroi Les jeunes filles de la région avaient la cote auprès des soldats.


Bernard Lejeune n’a pas pu être en mesure de relier le moindre viol à des troupes australiennes. Et c’est tant mieux, on a vu avec les réservistes américains durant la Seconde Guerre mondiale les horreurs dont les arrière troupes étaient capables. En revanche, on retrouve des traces de "bébés australiens" un peu partout, mais aussi une centaine de mariages.

"Il fallait trouver des occupations à tous les jeunes soldats stationnés dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Il y avait les entraînements militaires, des cours en anglais à l’UT de Charleroi, et les nombreux sports. Mais il y avait aussi les soirées dansantes et le flirt", explique l’historien. "Il y avait des bals jusqu’à deux fois par semaine dans chaque patelin, qui ont connu un immense succès : les filles étaient invitées, alors que les mamans n’étaient pas les bienvenues. Dès 14 ou 15 ans, des centaines de filles bravaient le couvre-feu parental pour aller danser avec les beaux Australiens."

Évidemment , ce qui devait arriver arriva : il y a eu de nombreux bébés australiens. "Et les jeunes papas s’enfuyaient parfois sans laisser de traces, les filles étaient alors la honte de la famille. On retrouve de nombreuses traces de grossesses cachées, pour éviter la disgrâce." Mais d’autres histoires se sont mieux terminées. Une petite centaine de mariages ont été célébrés, parfois en Angleterre pour braver l’interdiction parentale. La plupart des femmes sont parties en Australie avec leur nouveau mari, pour ne plus jamais remettre un pied sur le Vieux Continent.

D’autres couples se sont installés dans la région. "Au moins quatre sont restés à Walcourt, Beignée et Thuin. Ce dernier, d’ailleurs, s’est pris d’amour pour le folklore et est devenu marcheur à la Saint-Roch."