Charleroi

Les soldats australiens présents sur le territoire ont tous reçu l’ordre de quitter Charleroi à 21 h. 


La ville était considérée par les officiers comme Le Caire, à cause de la prostitution et des maladies vénériennes qui y étaient légion. Dans les documents, on retrouve les traces d’au moins 400 prostituées. Des stations de désinfection avaient été installées par les troupes alliées dans les gares, à proximité des filles, et accueillaient des centaines de soldats chaque jour… surtout le jour de la paie des soldes.

Pour tenter de dissuader leurs troupes d’aller visiter les maisons closes, les officiers australiens envoyaient leurs hommes au "musée anatomique", sur l’avenue de l’Europe, où on montrait les horreurs des maladies vénériennes.

Le péril était réel : il ne fallait pas ramener ces maladies sur le continent australien, où elles risquaient de se répandre comme la peste. Certains soldats ont d’ailleurs été retenus en Belgique plus longtemps que prévu le temps qu’ils se remettent de la syphilis… même si bien entendu, à l’époque, le véritable danger était surtout la grippe espagnole.


(illustration: chariot de soldats australiens à Bouffioulx)