Charleroi À Monceau et Roux, les citoyens se mobilisent contre des déchetteries près de chez eux.


Nouveau bras de fer pour les membres de l’Association de défense de l’environnement moncellois (ADEM) : la mise à l’enquête publique de l’extension du centre d’enfouissement technique du Champ de Beaumont (CETB) les amène à se remobiliser pour faire pièce au projet. Si celui-ci porte sur le renouvellement du permis qui arrive à échéance fin de l’année prochaine, il prévoit un doublement de la capacité autorisée, jusqu’à 5,5 millions de tonnes.

Exploité par le groupe Suez associé à un partenaire public, SRIW Environnement, le CETB est repris sur la liste des décharges de classe 2 : "Les déchets qui y sont accueillis sont non dangereux, industriels banals ou assimilés", selon les gestionnaires du site. Dans cette catégorie figurent toutefois les résidus en asbeste-ciment (ardoises et tôles ondulées notamment) contenant de l’amiante. Si ces déchets sont confinés dans des big-bags, il est fréquent que ces derniers se déchirent lors de leur manipulation sur chantier. "Avec des risques pour la santé en raison de la dispersion de fibres toxiques dans l’air", insiste l’ADEM qui "déplore la gestion calamiteuse du CETB".

Dans ce cadre , plusieurs plaintes ont été déposées : la dernière, en mars 2017, dont l’association a saisi le parquet de Charleroi était intitulée : "Multirécidive dans le non-respect de la législation en matière d’enfouissement des big - bags contenant de l’amiante liée." Elle est restée sans suite…

Si un nouveau permis a été octroyé à la fin 2016 par les fonctionnaires technique et délégué de la Région wallonne, le ministre de tutelle Carolo Di Antonio l’a annulé sous l’argument qu’il n’existait pas de plan wallon des déchets au-delà de 2020.

Or, cette réalité politique vient de changer : voici 3 mois, le gouvernement a en effet approuvé l’actualisation du plan, qui démontre que la Wallonie a absolument besoin d’une extension de capacité à Monceau. C’est dans ce nouveau contexte que la demande va être examinée.

Deux pétitions ont été lancées : l’une électronique via les réseaux sociaux et l’autre en porte à porte. "L’objectif est de collecter plus de signatures qu’en 2015-2016 où nous en avions eu 2.250", indique Alain Damay. L’ADEM compte sur l’appui des autorités communales dont l’avis est requis : en 2015-2016, le collège s’était prononcé contre le projet.

Un dossier sensible s’il en est à la veille des élections communales.

Une pétition contre l’installation de la déchetterie à Roux

La pétition Non à l’implantation Ceylan-Technics circule depuis quelque temps à Roux. C’est Antoinette Cascitelli qui s’est lancée dans ce combat contre la société de déchetterie. Elle a déjà récolté 300 signatures. "J’habite à Roux depuis des années. C’est en me promenant que j’ai vu les affiches. Mais il ne me restait que trois jours avant la fin de l’enquête. J’ai alors fait une pétition. J’ai eu envie de défendre les Rolendiens. De ma terrasse je vois le bâtiment, on a déjà beaucoup de poussière avec Inter béton, ça sera pire avec cette déchetterie. Sans parler des camions qui vont passer ou encore des produits dangereux qu’ils manipulent."

Si 300 signatures ont déjà été récoltées, c’est parce que cette déchetterie va provoquer de nombreuses nuisances. Des nuisances sonores d’abord, mais également des rejets de poussière et de particules dangereuses dans l’air. "La dangerosité et la toxicité des produits stockés et manipulés sont également des éléments pouvant avoir un impact sérieux sur la santé humaine et l’environnement." Le paysage est aussi remis en cause et de nombreux camions devront passer. Le Ravel passe à proximité, ainsi que la randonnée La Boucle noire.

L’enquête publique était terminée, Antoinette a alors lancé une pétition. Mais elle a également introduit un recours contre l’installation de Ceyla-Technics à la rue de l’Écluse à Roux, qui n’a pas encore abouti. "En tant que Rovienne, je veux défendre les citoyens."