Charleroi Les dealers de ce trafic international gagnaient jusqu’à 2000 euros par jour.

En mai 2017, la police fédérale de Charleroi lançait l’opération "Vitamines", démantelant l’un des plus gigantesques trafics de stupéfiants jamais découvert dans la région. Quinze personnes ont été arrêtées et comparaissaient ce lundi devant le tribunal correctionnel de Charleroi. On parle de cocaïne, d’héroïne et de cannabis en très grandes quantités, issues en droite ligne de Rotterdam. Soufiane E., un Hollandais, est d’ailleurs considéré comme l’un des dirigeants du réseau qui disposait d’une livreuse telle qu’Assia M., de "nourrices" qui stockaient la drogue comme Raphaël L. et de cinq vendeurs principaux qui s’étaient répartis le grand Charleroi en secteurs. Une véritable multinationale !

Selon le parquet, ce trafic hors normes voyait défiler des quantités astronomiques : "on parle de pains de 700 grammes à un kilo d’héroïne et de balles de tennis de coke livrés tous les 2-3 jours", explique la substitute Samain. "Charleroi était la seule destination de cette drogue qui rapportait jusqu’à 2.000 euros par jour à Moustafa L., l’un des cinq responsables de secteur. Ils se sont également diversifiés puisque quatre plantations de cannabis ont été découvertes à Godarville, Jumet, Dampremy et Farciennes."

Les enquêteurs ont mené des écoutes téléphoniques et des observations durant de longues semaines pour ramener toute la filière dans leurs filets, ce qu’ils ont quasi réalisé. Lors de ces écoutes, ils ont pu entendre la détresse de toxicomanes en manque qui devaient voler de l’outillage sur leur lieu de travail pour le revendre et s’acheter leur dose.

Selon le Ministère public, Soufiane E. et Moustafa L. étaient les deux dirigeants principaux. "Ils déterminaient les volumes, effectuaient les commandes et râlaient sur la qualité de la marchandise lorsqu’elle n’était pas bonne", précise le parquet qui requiert 9 ans de prison contre ces deux hommes, sur un total de 73 ans répartis entre les 15 prévenus. Côté confiscations, la substitute réclame 1.560.000 euros à partager entre les suspects solvables. La défense prendra la parole lundi prochain.