Charleroi Les garderies non payantes coûtent 4 millions chaque année.

L’école gratuite pour tous, c’est une obligation légale. Si la constitution belge la prévoit, elle est pourtant loin d’exister dans les faits.

C’est en Flandre que le projet est le plus abouti. On y tend vers la gratuité. En Wallonie par contre, cela dépend surtout de la volonté des communes. Dans le cadre d’un dossier de rentrée consacré au sujet, la Ligue des Familles est allée à la rencontre de quatre villes de Wallonie Bruxelles pour dresser un bilan (lire ci-contre).

Et Charleroi s’impose comme une ville pionnière. "La gratuité des fournitures scolaires y existe en effet depuis plusieurs années", observe le bourgmestre Paul Magnette. Si bien qu’en théorie, les parents n’ont rien à acheter en dehors du cartable et du plumier de leurs enfants.

Voici deux ans, la Ville a institué la gratuité de ses garderies. Une politique qui a son coût : "outre la perte des contributions payées par les familles, nous avons dû recruter 250 accueillantes temps libre supplémentaires pour faire face aux hausses de fréquentation".

Impact budgétaire : 4 millions d’euros par an. Ce n’est pas rien ! Dès le mois d’octobre, les élèves de trois écoles fondamentales pilotes mangeront gratuitement à midi.

À l’initiative de son échevine Julie Patte (PS), Charleroi a répondu à l’appel à projets de la ministre de l’Égalité des Chances Isabelle Simonis.

Les repas chauds seront ainsi offerts aux écoles de l’Alouette à Charleroi, des Trieux à Montignies-sur-Sambre et des Mimosas à Gosselies.

L’objectif, c’est de pouvoir généraliser la mesure. Mais selon Magnette qui en avait estimé le coût à 200 millions en 2014 pour toute la Fédération, c’est à son gouvernement qu’il appartient d’avancer. "Actuellement, l’accès à nos musées est gratuit pour les groupes scolaires de l’entité."

Le bourgmestre étudie le projet de prendre en charge les frais d’accompagnement pédagogique et de guidage des enfants, avec l’ambition qu’ils puissent visiter les 7 grosses attractions culturelles entre la dernière maternelle et la sixième primaire.

Les voyages scolaires ? La Ville intervient déjà à hauteur de 650.000 euros par an pour les classes de neige à Marcinelle en Montagne.

"Notre intention est de créer un centre de classes vertes au centre de délassement, pour des séjours nature de proximité."

Dernier chantier : la suppression des frais d’entrée à la piscine. "Nous y réfléchissons avec la régie communale autonome dont les recettes de parking sont à l’augmentation."

Magnette est formel : "L’école gratuite n’est pas une utopie ! Moyennant une contribution plafonnée à 15 ou 20 euros par enfant et par an, on peut l’organiser."

Conseils pratiques pour une rentrée moins coûteuse.

La Ligue des familles a mené une enquête sur la gratuité de l’enseignement

Dans une enquête auprès des parents, huit familles sur dix font de la gratuité de la scolarité dans l’enseignement fondamental une priorité politique absolue dans leurs communes respectives.

À la veille des élections du 14 octobre, la Ligue est donc partie à la chasse aux initiatives pilotes. Son étude a porté sur quatre communes de Wallonie Bruxelles où des mesures de gratuité ont été mises en place.

Le dossier présenté dans le numéro de la rentrée du magazine Le Ligueur épingle les plus audacieuses.

Exemple : la soupe gratuite à Schaerbeek, les tartines offertes à Ottignies, les transports gratuits à Saint Josse Ten Noode ou les garderies non payantes de Charleroi…

Pour la Ligue, c’est la Fédération qui a les cartes en main pour instaurer et généraliser la gratuité.

Secrétaire politique de l’association, Delphine Chabbert rappelle qu’une famille sur douze a été mise en difficulté à cause du paiement des frais scolaires.

Réduire les frais de rentrée des classes, c’est donc un autre enjeu très important en cette fin de vacances. Dans ce cadre, Eco-conso donne des conseils simples et pratiques.

Exemple : favoriser la récup pour les livres et fournitures scolaires, sinon les emprunter ou les acheter en seconde main. Autre recommandation : ne pas attendre le rush de la rentrée pour faire les courses et se rendre au magasin sans les enfants pour éviter les dépenses inutiles et coûteuses. Enfin, penser à une solution d’achats groupés pour 2019.

Ces recommandations sont disponibles sur ecoconso.be