Charleroi Le projet est à l’étude du côté du plan Catch et pourrait voir le jour avant 2020.


Les prochains mois risquent bien d’amener leur lot d’annonces politiques, et certaines concerneront le développement du numérique à Charleroi. En prenant un peu d’avance, on peut cependant vous parler d’un projet du plan Catch un peu fou à première vue, mais bien réel : la création d’un centre de formation aux métiers du numérique en plein centre-ville.

Le numérique, c’est un des quatre axes de redressement de Charleroi, laissée en charpie après la disparition de ses industries. L’équipe du plan Catch, elle, a été mandatée par la Région, avec la lourde tâche de dynamiser la région et de créer des emplois sur Charleroi. Et dans le domaine du numérique, justement, il y a de quoi faire. "Il y a un an, il n’y avait rien, ou presque, et c’est aujourd’hui en plein boom", confie Thomas Thewissen, chargé du digital au plan Catch. "Il y a encore beaucoup d’opportunités pour améliorer tout ça, créer un vrai écosystème."

On peut citer parmi les récents développements BeCode, l’école de programmation (lire ci-contre), et Co-Station, cet espace dédié aux start-up qui s’est installé sur les quais, il y a quelques mois. "Ça bouge côté infrastructures, avec le Biopark qui accueille de nouvelles entreprises dans la haute technologie et Co-Station qui, malgré ses 900 m2, n’arrive pas à suivre la demande, et qui va probablement devoir s’agrandir. Ça crée peu à peu une communauté de grandes entreprises, de start-up et de développeurs. Ensuite, il faudra faire venir des Flamands et des étrangers, tout en favorisant la création de start-up carolos."

Qui dit entreprises , dit aussi besoin de cerveaux. "Les boîtes qui viennent doivent pouvoir recruter des Carolos compétents. Il nous faudrait un centre où on pourrait former à plusieurs métiers du numérique. BeCode, c’est déjà un bon début", ajoute Thomas Thewissen. L’échevin carolo, Cyprien Devilers (MR) disait récemment qu’il espérait la création d’un pôle "DigitalSambre", une sorte de "Silicon Valley" du Pays noir.

Ce n’est pas un souhait dans le vent, Thomas Thewissen le confirme : "On discute déjà avec des éventuels partenaires, par exemple le Biopark, pour avoir des étudiants dans le numérique en plein centre-ville, qui pourraient faire leur stage dans les entreprises installées ici, et étudier des cas concrets de start-up locales." Où ? "À la ville basse, pourquoi pas les quais, à proximité de Co-Station." Quand ? "Impossible à dire, mais on n’attendra pas le centre Zénobe Gramme pour avancer. Il faut qu’en 2020, ce soit fait." Dès septembre prochain ? Aucune confirmation, mais pas de dénégation non plus.

Bientôt un data center en périphérie

S’il ne veut pas nous dire où, Thomas Thewissen, du Plan Catch, nous confirme que l’implantation d’un data center est bien à l’étude. "On travaille avec l’Awex pour faire un data center en périphérie de Charleroi. Oui, nous avons bien un site en tête qui répond à la plupart des critères requis pour l’installation d’un tel complexe, un peu similaire à ce qu’a pu faire Google à Mons."

Quelques indices : il faut que le site soit suffisamment grand, puisqu’il devra accueillir un gigantesque entrepôt pour les serveurs (des ordinateurs dédiés aux données, NdlR), et probablement des bureaux pour le personnel de l’entreprise qui exploitera le site. Il faut un point d’eau à proximité, une rivière ou un canal, pour le circuit de refroidissement de ces centaines de machines. Il faut aussi des lignes à haute tension pour alimenter l’entrepôt en électricité, et enfin des infrastructures réseau importantes, de type fibre optique très haut débit, avec plusieurs fournisseurs pour assurer le service en cas de panne.

© Belgaonthespot

BeCode va doubler de taille vu son succès

Vous n’avez pas d’emploi ? Pas de diplôme ? Peu importe votre statut ou votre âge, BeCode vous propose une formation gratuite avec des débouchés quasi automatiques vers le marché du numérique. Basée dans les bâtiments du Quai 10 à Charleroi, cette "école" forme les programmeurs et web développeurs de demain. "La formation, qui dure sept mois, est accessible à tout un chacun" , expliquent les responsables de BeCode. "Les étudiants y apprennent les différents langages informatiques et les clés pour continuer à progresser dans le domaine par la suite. Ils étudient aussi la programmation d’objets connectés ou encore la gestion de projets et la conception d’interfaces."

À Bruxelles , une première session de 100 étudiants a déjà permis de remettre à l’emploi 79 % d’entre eux, soit par le biais de stages en entreprises qui se terminent souvent par un engagement, soit carrément par la création de start-up. Lors des formations, les stagiaires se voient confier des tâches réelles, comme la conception du site de la Croix-Rouge par exemple. Ils entrent ainsi en contact avec le client et apprennent à gérer les projets sur le terrain.

Ce vendredi, le ministre wallon de la Formation et du Numérique, Pierre-Yves Jeholet, s’est rendu sur place, accompagné du président du MR, Olivier Chastel. "Les entreprises ont de plus en plus besoin de ce type de métiers et, a contrario, le taux de chômage reste important, avec un certain nombre de personnes sans qualifications. BeCode permet de gagner sur les deux tableaux", explique Pierre-Yves Jeholet, conquis par le taux de réinsertion. Il annonce d’ailleurs que la classe carolorégienne sera bientôt dédoublée et qu’un campus naîtra aussi à Liège en 2018. "Et je suis partant pour multiplier les sessions dans les autres grandes villes comme Mons, La Louvière, Namur ou encore Tournai."