Charleroi André Yinda n’est plus directeur de campagne pour les listes de Charleroi.


Mais que se passe-t-il à La Droite pour qu’on en arrive à des situations étonnantes comme celle d’hier ? La presse reçoit un communiqué du jeune parti signalant "qu’André Yinda étant appelé à des fonctions professorales incompatibles avec des activités politiques", le porte-parole et directeur de campagne carolo sera remplacé au sein de l’équipe. Contacté, l’intéressé nous signale qu’il a en fait décidé de claquer la porte "en découvrant peu à peu que c’est une vaste fumisterie dirigée par des gens malhonnêtes". Et le président du parti, Aldo-Michel Mungo, de surenchérir en disant que c’était lui qui avait suggéré à Yinda de partir : "On s’est rodé avec un directeur de campagne pendant un mois, mais il n’y avait pas assez d’huile dans le moteur et on a donc changé de mécanicien. Le courant ne passait plus avec pas mal de candidats."

Bref, André Yinda et La Droite se sont quittés d’un commun accord, mais ils étaient apparemment tous plus d’accord les uns que les autres…

Pour autant , l’ex-porte-parole n’a pas digéré le mail communiqué à la presse. "Je suis parti après un choix réfléchi et plusieurs découvertes qui m’ont dégoûté", nous dit-il. "J’ai découvert progressivement que ça manquait d’organisation interne, et qu’en plus les candidats n’étaient pas à la hauteur de mes ambitions pour Charleroi." Il annonce d’ailleurs qu’il sera candidat aux communales et aux provinciales pour un "mouvement citoyen lancé avec des anciens du MR et de La Droite, un vrai mouvement libéral, ce qu’aurait pu être La Droite s’il n’y avait pas tous les problèmes en interne."

Quels problèmes ? André Yinda dénonce plusieurs choses : "Déjà, le président du parti n’a qu’une obsession, c’est de détruire Modrikamen et le PP." L’intéressé nous répond calmement qu’il ne souhaite pas entrer dans une polémique. "Ensuite, il n’y a pas d’ancrage local, il s’est domicilié à Gosselies uniquement pour la campagne", et Aldo Mungo de répondre qu’il y est depuis des années, et que l’ancrage, ce sont les 51 candidats habitant Charleroi. "Mais d’ailleurs, ces candidats, c’est une arnaque électorale, je n’en ai jamais rencontré que six, les autres sont des noms sur une liste", continue Yinda, ce que La Droite reconnaît partiellement : "Comme partout, il y a des membres actifs, d’autres moins. Il y a 12 personnes très impliquées pour l’instant. On sera plus au fur et à mesure de la campagne."

Mais la goutte qui a fait déborder le vase, pour André Yinda, c’est le fait qu’Aldo Mungo ne l’ait pas informé qu’il était le sujet d’une instruction judiciaire : pour ce dernier point, le parquet de Charleroi confirme qu’une instruction (motif non précisé à la presse) est ouverte depuis décembre 2017. On rappelle tout de même qu’une instruction ne signifie pas culpabilité pour autant.

Situation étonnante donc, mais les choses ont au moins le mérite d’être mises à plat avant le "vrai" début de la campagne électorale, le 20 août prochain. Ça s’annonce déjà passionnant.