Charleroi Le centre culturel régional donne le coup d’envoi de sa saison ce vendredi.

Au centre culturel régional l’Eden à Charleroi, la saison 2018-2019 aura un goût de… fruits du paradis. Ces fruits proviennent d’un long et patient travail d’ensemencement autour des cultures urbaines et populaires.

Le directeur Fabrice Laurent en a creusé le sillon dès son arrivée en 2013. Six ans plus tard, les graines ont donné vie à cinq grands moments qui rythment la saison. Il s’agit du carnaval en hiver, de la boucle noire au printemps, des fêtes de la musique lors du solstice d’été, des fêtes de Wallonie à la rentrée et du Bal blanc en automne. Si la recette ne change pas d’une année à l’autre, les événements montent en puissance. Prenons les soirées slam par exemple. Elles n’attiraient qu’une poignée de participants lors de leur création. Le pari était loin d’être gagné. Désormais, elles remplissent la brasserie de l’Eden dans un joyeux brassage de générations et de styles.

Autre illustration ? La boucle noire a donné lieu à 550 inscrits le dernier dimanche d’avril. Idem pour le carnaval qui devrait mobiliser en mars prochain un demi millier de personnes… On l’a compris : la saison 2018-2019 aura la même couleur que les précédentes, avec un peu plus de musique et un peu moins de théâtre. Mais les couleurs de la culture urbaine seront plus prononcées, succès de participation oblige.

C’est devenu une tradition pour le centre culturel : son opening fiesse ouvre le début de la saison. La fête est programmée ce vendredi 24 août, c’est un moment de retrouvailles pour les Carolos, bloquez vos agendas.

Deux semaines plus tard, les fêtes de Wallonie reprendront leurs quartiers : ancrées dans la culture populaire avec du théâtre wallon, elles feront la part belle aux artistes urbains lors de la block party (NDLR : fête de quartier à l’américaine) du samedi 8 septembre après midi sur la place Verte. Un véritable festival de disciplines et d’expressions urbaines, du skate au BMX en passant par la danse, le roller, le parkour, le DJ-ing ou encore le street workout, une pratique qui consiste à utiliser les éléments de mobilier urbain comme agrès pour des performances acrobatiques.


Un projet inclusif et solidaire

Ouvrir l’extension du 5 boulevard Bertrand pour janvier 2020

La brochure de la nouvelle saison est prête. Dans l’édito qui la préface, Fabrice Laurent revient sur les missions de son centre culturel régional.

Il le souligne : le contrat programme 2020-2024 approuvé au conseil communal du 25 juin dernier a fait l’objet d’un processus participatif de longue haleine où opérateurs culturels, artistes, associations, citoyens se sont impliqués pour coconstruire le projet de l’Eden. Celui-ci se veut inclusif et solidaire. "C’est pour cela que nous déployons tant d’énergie pour co-créer la grande parade du carnaval avec des dames issues des Espaces citoyens du CPAS, des gamins en situation de handicap de l’IMP René Thône, des danseuses de Temps Danses Urbaines, des artistes amateurs…", écrit-il.

"Pensez-vous une seule seconde que ces ateliers qui visent à faire ville ensemble et à réinventer un imaginaire collectif puissent être rentables financièrement ? Par contre, sur le plan des retombées humaines et sociales, ces opérations présentent une haute valeur ajoutée : respect, dignité, estime de soi, mise en projet, collaboration, partage de valeurs."

Pendant ce temps , le dossier de contrat-programme 2020-2025 est à l’examen chez la ministre et en commission. La demande intègre un complément budgétaire destiné à financer la remise en conformité et le fonctionnement du nouveau bâtiment du 5 boulevard Bertrand acquis par le centre culturel en copropriété avec la Ville. De quoi lui fournir la salle de répétition, la résidence d’artistes et les espaces polyvalents dont elle manque pour ses activités en expansion.

Ambition : ouvrir le lieu en janvier 2020.