Charleroi L’échevine Ornella Cencig a "répondu" à une question de Sofie Merckx.


Le premier degré, c’est un peu l’arme ultime. L’échevine Ornella Cencig (MR) en a fait la démonstration au conseil communal : en deux minutes, elle a réussi à répondre à une question de Sofie Merckx (PTB) tout en la rabaissant.

"Le logement public à Charleroi vieillit, pouvez-vous commenter ?", a demandé la conseillère. C’est là que le premier degré entre en jeu : "la vétusté du logement public à Charleroi n’est pas vraiment une question d’actualité, mais je vais tout de même prendre sur moi pour vous répondre", a répondu l’échevine. "La Ville est propriétaire de 35 logements publics, et un seul est inoccupé en vue de travaux de rénovation, afin d’être reloué."

Techniquement, tout est vrai : la Ville n’est plus propriétaire que de 35 logements, puisque le parc locatif a été transféré à la société de logement La Sambrienne. Mais c’est évidemment le sort des 8.000 personnes locatrices de la Sambrienne qui inquiétait la conseillère PTB.

Cette réponse au premier degré, a eu le mauvais goût d’infantiliser Sofie Merckx. Mais il faut reconnaître que cette dernière l’a aussi bien cherché : depuis des mois, inlassablement, elle pose des questions sur la Sambrienne, et on lui répond qu’il faut demander… à la Sambrienne ! "Comme toujours et depuis des années, je vous dis que je ne suis pas votre interlocutrice. Même si je trouve également que ces situations invivables doivent impérativement être réparées au plus vite, je n'ai de cesse de vous le dire, comme l'ensemble de cette assemblée: ces questions doivent être posées à un autre lieu que celui du conseil communal."

Une position qui se défend (le conseil communal n’est, en effet, pas compétent : la ville ne peut légalement pas aller faire des réparations à la place de la société de logements), mais qui a aussi le défaut de ne pas ouvrir le débat au grand public, alors que des conseillers de la majorité sont présents au CA de la Sambrienne, et que le PTB n’y siège pas. "Cependant, le président de la Sambrienne me fait savoir que vous êtes la bienvenue pour discuter", a également précisé Ornella Cencig.

Le fond du problème concerne évidemment l'externalisation: les conseillers et membres du collège n'ont pas, techniquement, la responsabilité directe de l'état du parc locatif. Mais en tant qu'entité publique, les organes décisionnels de la Sambrienne dépendent bel et bien du pouvoir en place, selon le résultat des élections précédentes. La position du PTB est donc de dire qu'il y a une responsabilité politique quand des choses ne fonctionnent pas là-bas.

On comprend les deux positions: si la gestion des logements sociaux a été confiée à La Sambrienne, c'est pour que l'exécutif de Charleroi puisse diriger son attention vers d'autres problèmes, et puisse prendre des décisions politique, en laissant la gestion de terrain à d'autres. Mais quand on estime que des choses ne vont pas, il faut aussi pouvoir le dire et en discuter entre élus... ce qui semble impossible vu les nombreuses tentatives infructueuses du PTB au cours de la mandature passée. 

Du coup, la question se pose: si Sofie Merckx continue d'attaquer sur ce front, est-ce pour tenter de replacer le débat au cœur de la vie politique locale, ou bien pour tirer la couverture à soi et se donner de la visibilité? A moins que ça ne soit ces deux raisons combinées... En tout cas, on sent que les élections approchent.


L'intégralité de la discussion au conseil communal est disponible sur Youtube (à partir de 1:27:01, durée 8 min approximativement)