Charleroi

Rachid était sorti de prison 15 jours plus tôt.


C’était le 13 juillet, à l’aube. Une heure à laquelle les premiers commerçants ouvrent leur magasin et commencent à travailler. Rachid et son pote, eux, zonaient dans Charleroi après une nuit de débauche, à consommer du cannabis, de l’héroïne et des médicaments. Bien décidés à commettre un mauvais coup, ils ont effectué des va-et-vient entre le « Point chaud » du boulevard Tirou et le snack « Piccolo » non loin. On les a vus observer avec insistance la chaîne de cou d’une dame âgée. Mais finalement, c’est sur le gérant du « Piccolo » qu’ils ont jeté leur dévolu. 

« Rachid K. est entré et a réclamé un verre d’eau au commerçant », explique le parquet de Charleroi qui poursuit l’intéressé pour vol avec violence. « Il en a profité pour lui arracher sa chaîne. Il a ensuite tenté de voler le sac et le collier de l’employée qui a résisté et s’est retrouvée au sol. L’auteur a enfin tenté de s’emparer de la caisse du commerce, sans y parvenir ».

Grâce aux caméras de la ville et du complexe Rive Gauche, la police locale de Charleroi a pu dresser le portrait des suspects. Et le jour même, vers midi, Rachid s’est fait pincer. « Ce n’était pas son coup d’essai », ajoute la magistrate qui précise que l’Algérien, en séjour illégal, était sorti de prison 15 jours plus tôt, lui qui a déjà été condamné pour divers vols. « Manifestement, il n’a pas l’intention de s’arrêter. Je requiers donc une peine de 40 mois de prison ferme et six mois supplémentaires pour le séjour illégal », a conclu le ministère public.

Du côté de la Défense, Me Pouossi est bien dépourvue. Vu le statut de son client, sans domicile ni situation, l’avocate n’a pu que demander la clémence du tribunal. « Ce garçon est seul en Belgique. Il a trouvé refuge dans la consommation à outrance de stupéfiants. Il estime avoir raté sa vie et a même eu l’intention de mettre fin à ses jours ». 

Jugement le 11 septembre.