Charleroi Le parquet requiert deux ans de prison et 200.000 euros de confiscation.


Une vingtaine de victimes, essentiellement des personnes âgées, se sont présentées à l’audience du tribunal correctionnel de Charleroi pour obtenir réparation. Toutes ont été victimes de "shouldersurfing", cette pratique qui consiste à regarder votre code lorsque vous faites un retrait au distributeur avant de vous subtiliser votre carte de banque.

De nombreux faits de ce type ont été recensés dans les halls des hôpitaux carolos, mais également à Bruxelles et Sambreville. En deux ans, les auteurs ont empoché plus de 200.000 euros.

Les enquêteurs se sont rendu compte que ces cartes bancaires servaient à effectuer des achats dans des night-shops de Charleroi tenus par des Pakistanais. Dans la majorité des cas, il s’agissait de tabac et de cigarettes… Mais pour des montants de 1.000, 2.000 voire 4.000 euros, ce qui a évidemment fait tiquer les policiers.

Les perquisitions menées dans ces commerces et la saisie des vidéosurveillances confirment l’hypothèse d’un stratagème bien huilé entre les voleurs de cartes et les commerçants : on simule un achat et on partage le butin. D’ailleurs, l’analyse des stocks a démontré que jamais les suspects n’avaient acheté ou vendu autant de tabac. Et les caméras vidéo ont surtout filmé des individus quittant le magasin avec de l’argent liquide…

Bref, ce sont trois suspects qui ont été pincés dans cette affaire, dont un père et son fils propriétaires de deux night-shops à Charleroi. Le fils reconnaît partiellement les faits, mais le papa, lui, affirme n’avoir jamais été au courant de l’arnaque.

Pour le parquet, les faits sont bien établis. Le substitut Marlière a donc requis deux ans de prison et la confiscation de 200.000 euros pour chacun.

Du côté de la défense, on a plaidé l’acquittement pour le père et un sursis probatoire pour le fils. Le troisième prévenu, lui, a fait défaut. Une chose paraît certaine : les victimes ont bien peu de chances de revoir un jour leur argent.