Charleroi

Jaloux, il ne supportait pas les compagnons de son ex


Ce mardi 20, le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné Erdal Ablay. Après délibération, le

tribunal a ordonné son arrestation immédiate bien qu'il soit déjà sous contrôle d'un bracelet

électronique.

Le tribunal correctionnel de Charleroi avait examiné une scène de coup de couteau entre rivaux

amoureux survenue en 2017 à Châtelineau (Châtelet). Le prévenu avait poignardé le nouvel

amant de son ex-compagne avec un couteau à désosser. Le parquet avait requis 15 ans de

prison ferme pour ce qu'il considèrait comme une tentative d'assassinat. Erdal Ablay ne supportait

pas d'avoir été quitté pour la cinquième fois par sa compagne, Sabrina, qui avait entre-temps

entamé une relation avec Angelo, un nouvel amant. La nuit du 6 au 7 octobre 2017, le prévenu

s'était rendu devant le domicile de son ex, muni d'un couteau-papillon, et avait crevé les pneus

du véhicule de son rival. La police était intervenue et avait saisi l'arme en admonestant

l'intéressé.


On ne le quittait pas!

Erdal Ablay était alors rentré chez lui pour repartir au petit matin vers Châtelineau, armé d'un

couteau à désosser dont la lame mesurait 16 centimètres. "Par téléphone, peu avant les faits, il

a déclaré qu'il allait défoncer la porte du domicile de Sabrina et qu'il allait tuer Angelo dans son

lit, en vidant son chargeur sur lui", expliquait le substitut Vervaeren. "Ces menaces confirment

bien la préméditation. Car dès qu'il était arrivé devant le snack où son ex faisait le ménage, où il

savait qu'il trouverait le couple, il a foncé sur son rival, le couteau à la main, en criant qu'il allait

le tuer. Et directement, il le lui a planté. Par chance, la victime avait pu retenir son poignet, ce

qui avait limité la pénétration de la lame." Convaincu de la préméditation et de la tentative

d'assassinat, le parquet avait requis une peine de 15 ans de prison, en tenant compte des

nombreux antécédents du prévenu. "Chacune des ruptures a été marquée par des coups, des

menaces et du harcèlement. Erdal Ablay, on ne le quitte pas! Mais si on ne l'arrête pas, il finira par

tuer quelqu'un", a conclu le ministère public.

Me Huet, conseil de la partie civile, s'est calqué sur ce réquisitoire, en ajoutant que son client

avait subi de lourdes séquelles psychologiques. Me Gras, conseil du prévenu, avait quant à lui

contesté la préméditation et l'intention homicide pour solliciter une disqualification en coups et

blessures volontaires. "Il n'a jamais envisagé de le tuer. La plaie est superficielle et il s'en va de

manière volontaire, sans donner de deuxième coup avant de revenir, sans arme, pour parler.

S'il avait voulu le tuer, il l'aurait fait." L'avocat a également estimé que l'incapacité

psychologique de plus de 4 mois n'était pas établie chez la victime avant de solliciter une peine "raisonnable".