Charleroi La Ville minimise l’ampleur des vols qui "n’impacteront pas le calendrier de travaux"


Que ce soit à Charleroi ou ailleurs, un bâtiment livré à l’abandon ne manque jamais d’attirer des visiteurs indésirables. Le palais des Expos n’a pas dérogé à la règle : des témoins font état d’un véritable pillage. Disparition de matériel électrique et de câbles, démontage d’équipements intérieurs. Le préjudice serait important.

Si la Ville nuance la gravité de ces incidents qui ne mettent selon elle nullement en péril l’ouverture du chantier, il semble qu’elle ait sous-évalué ou négligé les risques. La sécurisation reposait sur un dispositif de patrouilles de police et de gardiens de la paix. Insuffisant pour protéger les lieux.

Il a donc été décidé de recourir à un prestataire privé, le point sera ajouté à l’ordre du jour du conseil communal convoqué ce lundi. Une séance au cours de laquelle des comptes devraient être demandés à l’autorité qui n’a pas pris les mesures adéquates.

Qui en porte la responsabilité politique ? Les regards se tournent vers le bourgmestre Paul Magnette en charge de l’Aménagement urbain qui pilote ce dossier. Les budgets sont imputés à son département. Il semble avoir négligé les menaces d’une absence de gardiennage 24 heures sur 24. "Ce n’est pourtant pas faute de le lui avoir rappelé", commente le président de Charleroi expo et prédécesseur, Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Le complexe du palais est immense : il compte 60.000 mètres carrés de superficie, et de nombreuses entrées qui rendent sa surveillance difficile. Dans le cadre du programme Charleroi DC cofinancé par la Wallonie et le Feder à hauteur de 142 millions d’euros, le palais est promis à une opération de chirurgie lourde : 36 millions TVAC ont été réservés pour en faire un pôle événementiel majeur avec la construction d’un centre de congrès et la modernisation des Beaux-Arts. L’intercommunale Igretec s’est vu déléguer la maîtrise d’ouvrage.

Selon le calendrier, les travaux débuteront en août aux expos, et durant le dernier trimestre sur le site du futur centre de congrès. Le chantier des Beaux-Arts ne viendra qu’au printemps 2019, en même temps que celui de réaménagement des voiries et espaces publics.

Pillage organisé du bâtiment ? La Ville minimise l’ampleur du dommage et des conséquences des vols pour confirmer le renforcement du dispositif. Les lieux seront soumis à une surveillance intensive en permanence, une dépense que le conseil devra valider ce lundi.