Charleroi Tiffany accuse son ex de violences graves : le parquet requiert 6 ans.


Lorsque Hicham est rentré du boulot, le 5 novembre 2017, sa compagne Tiffany était partie, laissant leurs trois enfants entre les mains du nounou. Ce n’est que six jours plus tard que la jeune femme serait réapparue, après avoir écumé les boîtes de nuit et trompé son compagnon. "Quand plus tard, elle lui a ri au nez lorsqu’il a demandé si elle l’avait jamais aimé, mon client a vu rouge", explique Me Samanci devant le tribunal correctionnel.

Bilan : une fracture du nez pour Tiffany qui, à l’hôpital, a tenté de faire croire à la traditionnelle collision avec une porte. Le médecin ne l’a pas crue et la police a été avertie. À l’audience, Hicham a reconnu ce coup-de-poing. En revanche, il a nié formellement les préventions de viol, séquestration et menaces mises à sa charge suite à une scène qui se serait déroulée le 9 février dernier, à Gosselies. "Le couple était séparé, les SMS sont clairs", explique la substitute Dutrifoy qui requiert 6 ans de prison. "Le prévenu avait quitté le domicile, mais ce matin-là, lorsque Tiffany a sorti les poubelles, il l’a agrippée par les cheveux et l’a jetée au sol pour lui entraver les mains dans le dos avec des liens colson. Il l’a ensuite traînée en haut, ce qui a réveillé les enfants. La victime a pu en prendre un dans ses bras en libérant une main. Mais il lui a placé un cutter sur la gorge. Il l’a ensuite enfermée dans les WC le temps d’aller déposer sa progéniture à l’école. Lorsqu’il est revenu, il a tenté de renouer. Face au refus de Tiffany, il a abusé d’elle. Le rapport de l’expert ne démontre pas de violences, mais vu la situation, on en déduit qu’elle s’est laissée faire."

Hicham, aujourd’hui détenu, nie farouchement. Selon Me Samanci, les traces sur les poignets de la partie civile ne sont pas forcément des ligatures, vu que celle-ci s’automutilait, vu ses troubles de comportement. "Le viol ? Elle affirme qu’elle était au-dessus de lui lors du rapport", ajoute l’avocate qui note également que la touffe de cheveux retrouvée ne comportait pas de bulbes. "Elle les perdait à cause de sa dépression." Bref, c’est l’acquittement qui a été plaidé pour cette scène. Et la suspension pour les faits du 21 novembre. Jugement le 17 septembre.