Charleroi Après les permis d’urbanisme et d’environ-nement, voici les "permis de végétaliser".


Vous avez envie d’installer un bac à fleurs sur le trottoir devant chez vous, ou vous vous dites qu’un beau yucca contribuerait à embellir la devanture de votre commerce : méfiez-vous car en plus des permis d’environnement, d’urbanisme, de location, etc. qui régissent l’occupation privative de la voirie, la Ville de Charleroi a planché sur un nouveau règlement relatif à la "végétalisation" de l’espace public.

C’est peu de dire que ce projet d’ordonnance soumis ce lundi au vote du conseil communal souffle le chaud et le froid. L’opposition le qualifie d’inutile et d’absurde. Pour pouvoir sortir une jardinière ou un pot de géraniums au pied de votre façade, ce règlement vous oblige à en demander l’autorisation au bourgmestre.

S’il y a de bonnes raisons comme la sécurité (NdlR : entrave à la circulation piétonne, mise en danger des personnes qui se déplacent en voiturette ou des mamans qui promènent un landau) ou encore la qualité de l’environnement (interdiction d’utiliser des pesticides), d’autres raisons sont nettement plus discutables : le règlement interdit en effet l’usage de pots et de jardinières en plastique ou en bois, pour imposer celui de modèles en terre cuite ou en métal laqué. Et encore : à condition qu’ils ne soient pas de couleur vive.

Idem pour les fleurs. Les annuelles aux tons criards comme les pensées ou pétunias ne peuvent plus sortir sur l’espace public, sous peine de sanctions.

Le "permis de végétaliser" (sic) est accordé pour une durée de 5 ans. Il est octroyé à la personne qui en fait la demande, et ne peut être cédé.

Par la voix de Xavier Desgain, le groupe Ecolo regrette que l’on bride ainsi la créativité et l’enthousiasme des habitants. "Nous trouvons que les choses vont trop loin." Ainsi, des citoyens vont devoir se débarrasser des bacs qu’ils emploient depuis des années. À terme, ceux qui ne le feront pas risquent des pénalités.

Voici 20 ans, Luc Parmentier accusait l’ancien échevin de l’Écologie urbaine Lucien Cariat d’être "l’échevin des pots de fleurs". Peut-être faudra-t-il réellement créer le poste sous la prochaine mandature pour gérer les permis…