Charleroi Le parquet, qui considère Vincent comme un danger public, a requis 40 mois de prison

Vincent a déjà exploré toutes les facettes du code pénal, au point que son casier judiciaire ressemble à un bottin de téléphone. Ses sursis ont d’ailleurs fini par tomber, ce qui le maintient derrière les barreaux au minimum jusqu’en 2021. Mais ce jeudi, il revenait encore devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour faire opposition à un énième jugement qui l’a condamné par défaut à 40 mois de prison ferme. Le motif ? Deux entraves méchantes à la circulation, une rébellion contre des policiers et des coups à sa compagne.
 
En 2015, Vincent faisait déjà l’objet d’ordonnances de capture et était donc recherché par la police de Charleroi. Ayant repéré sa voiture en stationnement, le Groupe de Sécurisation et d’Appui s’était mis en planque pour l’intercepter. Sauf que Vincent a flairé le piège et a démarré en trombes, n’hésitant pas à foncer sur la voiture de police qui a dû faire un écart. 

 
L’année suivante, rebelote ! Reconnu par les policiers à la station Q8 de Jumet, Vincent prend la fuite, brûle un feu en passant par la gauche, prend un rond-point à contresens et manque de renverser des piétons, à proximité d’une école devant laquelle il roule à 110km/h. Par mesure de sécurité, les forces de l’ordre ont dû abandonner la poursuite. "C’était pas moi. Les policiers me connaissent et chaque fois qu’il se passe un truc, c’est moi qu’on accuse. Ils me harcèlent", se défend le prévenu. Or, les inspecteurs l’ont à chaque fois reconnu, tout comme en janvier 2017 lorsqu’une fois de plus, il s’est rebellé, n’hésitant pas à foncer dans la voiture banalisée des policiers.
"C’est un danger public. Il faut protéger la société car il finira par tuer quelqu’un en se comportant de la sorte", a grondé la substitute Dutrifoy. A chaque fois, des personnes viennent se dénoncer à sa place, mais les policiers sont assermentés et l’ont bien reconnu. Sa photo était dans tous les commissariats à l’époque.
Me Donatangelo, conseil de l’intéressé, conteste les entraves méchantes et la rébellion. Selon l’avocat, l’une de ces scènes a déjà abouti à un acquittement devant le tribunal de police. Pour les coups sur la compagne, en revanche, Me Donatangelo passe condamnation et demande de réduire la peine. "Mon client affirme qu’il n’a fait que la bousculer, mais pénalement, cela revient à des coups et blessures", indique l’avocat, alors que la victime, elle, parlait bien d’une « pêche » qui lui a ouvert la lèvre, à la suite d’une scène de jalousie. Jugement le 13 juillet.