Charleroi Sa compagne a fait une fausse couche et a perdu des jumeaux.


Soner et Bedia sont mariés depuis 14 ans mais depuis 2017, il y a de l’orage dans l’air. Et à en croire la jeune femme, les disputes sont ponctuées de coups, ce qui a d’ailleurs conduit son mari derrière les barreaux.

Ce jeudi, Soner comparaissait devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour trois scènes précises. En mars, Bedia est venue déposer plainte. Elle s’était rendue à la marbrerie où travaille son époux, sans doute pour vérifier qu’il ne batifolait pas ailleurs. "C’est un lieu dangereux, elle ne devait pas être là", se justifie-t-il. "On s’est disputés et je l’ai giflée." La victime, elle, parle plutôt d’un coup-de-poing… Entendu par la police, Soner a finalement été relaxé. "Comme c’était la première fois, on a pu croire à un dérapage ponctuel", explique le parquet qui requiert 2 ans de prison avec un sursis probatoire éventuel. "Mais un mois plus tard, une nouvelle plainte a été déposée. Le prévenu avait frappé sa femme car elle était enceinte et ne voulait pas s’alimenter. Cherchez à comprendre sa logique… On a également appris que, quinze jours plus tôt, il l’avait plaquée au sol pour lui tordre le bras et la mordre. Elle déclare également qu’il s’est assis sur son ventre, sachant qu’elle était enceinte. Est-ce cela qui a provoqué la fausse couche ? Toujours est-il que cette dame a perdu les jumeaux qu’elle attendait."

Soner, lui, reconnaît uniquement une gifle à la marbrerie et explique avoir simplement "retenu le bras" de Bedia. Mais il nie s’être assis sur le ventre de sa femme. "Il a appris la nouvelle de la fausse couche en prison et il a tenté de suicider en avalant des médicaments", explique Me Turk, son avocat. "J’ai voulu demander le divorce en Belgique mais ça n’a pas fonctionné, alors je me suis rendu en Turquie pour faire les démarches", ajoute Soner. "Finalement, on a voulu se donner une nouvelle chance en s’installant dans notre pays natal. Les enfants sont partis avant nous car il nous restait des démarches notariales à faire."

Pour Me Turk, Soner est conscient de ses dérapages et a entrepris des démarches depuis la prison. C’est donc un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive qui a été sollicitée par la défense. Jugement le 30 juillet.