Charleroi

Laurent, le multirécidiviste a été jugé: ce sera 100 heures de travaux d'intérêts généraux.


Laurent est un grand habitué des tribunaux. Les menottes, la procédure, les comparutions en correctionnelle : il connait par coeur. Depuis 1997, il a cumulé 14 condamnations et passé dix ans derrière les barreaux. En février dernier, son avenir s’est légèrement éclairci avec une libération conditionnelle. « J’étais résolu à changer de vie. J’avais une compagne et les démarches que j’avais effectuées depuis Jamioulx commençaient à porter leurs fruits. Malheureusement, ma femme m’a mis dehors. Je suis allé voir mon assistante sociale qui m’a trouvé une place dans un foyer. Mais j’étais perdu, abandonné. J’ai donc commis un cambriolage parce que j’imaginais que ma seule place, c’était en prison ».

Si Laurent n’avait pas eu un tel pedigree, le parquet aurait sans doute été plus clément avec lui. Un petit vol d’une lampe de poche et de cartes à jouer d’un côté, puis d’un sac à main de l’autre : ce n’est pas le genre de faits qui, d’ordinaire, appellent un réquisitoire de 20 mois de prison ferme. « Son histoire est triste, mais il faut protéger la société. Que fera-t-il quand il sortira de Jamioulx à part récidiver ? Pour moi, c’est le vide : je n’ai aucune assurance », a clamé la substitut Broucke.

Un autre élément faisait tiquer la magistrate : lors de son interpellation, Laurent était en possession d’une dose d’héroïne. « J’ai été pincé au bon moment : cela faisait des mois que je n’y touchais plus et j’allais recommencer », a-t-il assuré, sans vraiment convaincre le Ministère public.

Mais pour Me Lecomte, il reste de l’espoir. « Mon client, c’est l’échec personnifié de la prison. On lui a fait perdre toute confiance en lui au point qu’il craint de recouvrer la liberté. Si on le condamne à nouveau, il ira à fond de peine et, quand il sortira, il sera de nouveau sans filet, seul au monde. En revanche, une peine de travail pourrait l’aider à se valoriser. Et cette fois, il a des proches qui sont prêts à l’aider à reprendre pied ».

Le tribunal suivi la proposition de la défense, octroyant 100 heures de travaux d'intérêts généraux à Laurent. Il suivra, en parallèle, une cure de désintoxication. A lui de ne plus replonger.